2012 : comment Hollande se remet en selle

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2012 : comment Hollande se remet en selle
Près de la moitié des Français (47%) considère que François Hollande fait une "bonne campagne" en tant que candidat PS à l'élection présidentielle, 34% d'entre eux estimant au contraire qu'elle est mauvaise.@ MAXPPP
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Trois mesures dévoilées, deux grandes interviews médias : Hollande passe la vitesse supérieure.

Bisbilles avec les écolos, psychodrames en série sur les investitures aux législatives, silence mal-compris sur la crise de l’Euro. Après un "sale mois de novembre", et une chute vertigineuse dans les sondages (il perd 25 points dans l'électorat ouvrier), François Hollande est reparti à l’offensive, lundi, jetant aux oubliettes sa diète médiatique qu’il espérait pourtant tenir jusqu’en janvier. Europe1.fr vous détaille ici son plan d’attaque.

> Réaffirmer son indépendance

Premier round lundi matin. Dans la matinale de RMC, François Hollande commence par se détacher clairement de l'accord électoral signé par le Parti socialiste et Europe Ecologie-Les Verts (EELV) en affirmant qu'il n'appliquera que les mesures "essentielles" de cette alliance s'il est élu président de la République. Exemple concret : s'il est à l'Elysée, le droit de veto de la France à l'ONU ne sera pas remis en cause unilatéralement. Façon de dire qu’il fera le tri dans ces accords d’arrière cuisine. Et de fait, "François Hollande aurait eu tort de ne pas s’exprimer sur cet accord baroque. Certes, il porte les valeurs de la gauche et de son parti, mais il faut désormais qu’il éprouve sa relation directe avec les Français. Il ne faut pas qu’il apparaisse comme ‘tenu’ par quoique ce soit", analyse pour Europe1.fr le politologue Stéphane Rozès qui a récemment rencontré plusieurs candidats, dont François Hollande.

"Je crois que cet accord est une mauvaise manière [de faire]. Il fait rentrer le candidat dans une logique d’institutions, d’échanges de bons procédés, qui ne fonctionne pas pour une présidentielle", ajoute le fondateur de CAP.

Bref, François Hollande l’a dit lui-même : "Je ne suis pas le candidat d'un parti, je suis le candidat déjà devant les Français". Et pour bien réaffirmer qu'il est "François Hollande" et non le candidat du PS, il s'est également dit prêt à enrôler François Bayrou si le président du MoDem sort "de l'ambiguïté".

> Occuper le terrain

Multiplication des interventions médiatiques à la radio, dans la presse écrite ; accélérations de ses déplacements de campagne : François Hollande sort du bois. Dimanche, il était en visite au Salon de l'Education à Paris. Lundi, il visitait une usine de placoplâtre à Vaujours, en Seine-Saint-Denis. Manière de développer son volet "pacte productif" et toucher "les couches populaires, les ouvriers", dixit son directeur de campagne Pierre Moscovici. Mardi, il sera à Villepinte, en Seine-Saint-Denis aux états généraux de l'association "Elus locaux contre le Sida". Mercredi, il rencontrera à Bruxelles José Manuel Barroso pour parler industrie.

En somme, François Hollande a décidé d’occuper le terrain. "Il a repris son rythme de campagne de la primaire. Il essaie de tracer son sillon et de faire oublier la mauvaise séquence liée à l'accord avec les écolos et le débat sur le nucléaire", commente Frédéric Dabi, directeur du Pôle Opinion de l’Ifop, avant d’analyser : "Il travaille ce qui est son fort dans les enquêtes d'opinion : sa capacité à être proche des Français".

> Dévoiler son programme

Certes son programme ne sera "officiellement" dévoilé que début 2012, mais rien n’empêche François Hollande de détailler quelques mesures "phare". Dans Le Monde d’abord, le candidat socialiste a annoncé une "loi de programmation de la transition énergétique" suivant "un grand débat sur l'énergie en France". Au détour de son déplacement de Vaujours, il a ensuite promis de lancer d'un "grand plan pour l'isolation des logements", dans le cadre du "pacte productif" qu'il propose.

Sa porte-parole Delphine Batho a également assuré que le candidat souhaitait que le maïs OGM Mon 810 de Monsanto "reste interdit à la culture en France". Bilan : trois mesures annoncées dans la journée. "On le voit bien : François Hollande ne veut plus laisser Nicolas Sarkozy fixer seul l’agenda. Il veut clairement reprendre la main sur les thématiques et sur le tempo", analyse Stéphane Rozès.

> Attaquer plus fort

Enfin François Hollande a sorti les griffes et visé directement Nicolas Sarkozy. En fin journée, il a ainsi estimé que le chômage élevé venait "sanctionner une politique", celle du "président sortant", qui ne peut s'en "exonérer par la crise".

Il a également accusé la droite d'attiser "la peur" sur le vote local des étrangers non-communautaires, qu'il soutient. La mesure sera examiné, mardi, à l’Assemblée nationale.