2007-2015 : ces départements devenus des forteresses du FN

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2007-2015 : ces départements devenus des forteresses du FN
@ EMMANUEL DUNAND / AFP
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ÉVOLUTION - Au fil des ans, le Front national a transformé ses points d'ancrage en véritables fiefs. Zoom.

Au niveau national, le Front national ne cesse de progresser. Avec un score global de 25,2% des suffrages exprimés au premier tour des départementales de dimanche, le parti de Marine Le Pen fait même mieux que son score des Européennes. En tête dans 43 départements sur 98, le FN dépasse même les 30% dans 25 d'entre eux. Un niveau jamais atteint lors des précédentes cantonales.

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© AFP

Le FN s'est créé des fiefs en peu de temps. "Même s'il n'est pas à 28-30%, c'est tout de même un très bon score, par rapport à l'histoire du FN (...) C'est un scrutin de confirmation, pas de bouleversement", analyse le politologue Jean-Yves Camus. En réalité, le "bouleversement" a commencé il y a plusieurs années. Europe1 s'est intéressé aux votes des électeurs par départements depuis 2007. Résultat : dans ses 25 fiefs actuels, ceux où il réalise aujourd'hui plus de 30%, le FN a enregistré un bon en avant fulgurant au cours de ces dernières années.

>> Le tableau ci-dessous retrace le score du FN lors des premiers tours des élections précédentes, dans ses fiefs actuels, en pourcentage des suffrages exprimés :

>> Les cinq évolutions les plus notables :

Le FN renforce ses forteresses. Cette liste n'est pas exhaustive. On pourrait également citer le Doubs (29,4% dimanche dernier) ou le Rhône (28,6% hors agglomération lyonnaise, qui ne votait pas dimanche), dans lesquels le FN prend plus de dix points depuis la présidentielle de 2012. Au niveau des villes, également, le Front se bâtit des forteresses de plus en plus puissante : par rapport aux municipales, il progresse dans les dix villes qu'il détient, allant même jusqu'à dépasser les 50% dans six d'entre elles. Deux villes remportées par le FN en mars 2014 ont d'ailleurs vu l'élection dès le premier tour du binôme FN pour ces départementales: Fréjus (Var) et Le Pontet (Vaucluse).

"Dans l'immense majorité des cantons, le FN gagne des voix par rapport aux européennes. Le FN progresse en valeur absolue dans au moins 1.601 cantons, contre 257 où il régresse", ajoute Joël Gombin, doctorant spécialiste de la carte FN.

Comment expliquer ces évolutions ?  Selon ce dernier, le FN a su mobiliser les abstentionnistes : "si on regarde en nombre d'inscrits, le FN a progressé dans presque tous les cantons. Cette participation en hausse a probablement été assez largement portée par le FN".

Pour se construire des fiefs solides, le FN a également su se concentrer sur les préoccupations résidents. Dans le Nord, le Nord-Est et le Sud-Est, "la question migratoire et les difficultés économiques et sociales, les causes structurelles de la dynamique du FN, sont très présentes", analyse le sondeur Jérôme Fourquet (Ifop), contacté par Europe1. Or, c'est bien dans ces régions que le score et la progression du FN sont les plus notables. Ainsi, d'une base électorale solide dans ces territoires, le Front national est passé à une position de leader. Cette percée traduit "un échec du PS et de l'UMP, qui pourraient être évincés. Dans le Nord/Nord-Est, l'UMP a parfois disparu au deuxième tour. Et le PS est inexistant dans le sud-est", remarque encore le sondeur.

C'est également dans ces régions que le FN espère l'emporter lors du deuxième des départementales, dimanche prochain : l'Aisne et le Vaucluse, en effet, pourraient être les premiers départements à élire un président frontiste.

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