2006 - 2011 : Sarkozy, bis repetita ?

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2006 - 2011 : Sarkozy, bis repetita ?
@ MAXPPP - REUTERS
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DECRYPTAGE - De retour dans les Ardennes, le président a de nouveau égrainé des thèmes de campagne.

Le pouvoir d’achat, l’industrie française, les 35 heures… Au plus bas dans les sondages et à un an de la présidentielle, Nicolas Sarkozy est retourné, mardi, dans les Ardennes. C’est là qu’en 2006, ministre de l’Intérieur, il s’était mué en candidat du travail. Europe1.fr a comparé ces deux déplacements et retenus quelques ressemblances et divergences.

"Changer pour demeurer les mêmes"

Le contexte - Le 18 décembre 2006,le candidat Nicolas Sarkozy avait visité le lycée agricole de Rethel et tenu une réunion publique à Charleville-Mézières. Devant une salle comble, un Sarkozy enthousiaste avait rendu un hommage appuyé à la "France qui souffre" et à la "France qui travaille et qui en a beaucoup bavé". Le 19 mai 2011, c’est un Nicolas Sarkozy pressé qui s’est rendu à l'usine La Fonte ardennaise, à Vrigne-aux-Bois. Devant une salle clairsemée, il a adressé un discours aux maires du département. Les élus de gauche avaient décidé de boycotter la rencontre. Un Sarkozy différent.

Le discours de Nicolas Sarkozy en 2006 :

Le pouvoir d’achat, point d’orgue de ses discours -En 2006, Nicolas Sarkozy promettait que des "stock-options distribuées à tous les salariés". En 2011, le président reprend le même thème et martèle : "le partage de la valeur, j'y tiens parce que c'est une question de justice (…). Si les choses vont mieux dans les entreprises, les salariés y sont pour quelque chose". Et il y ajoute une prime : "Dans les grandes entreprises, s'il y a une forte augmentation des dividendes, il faudra que les salariés en aient une partie(...). Et dans les petites entreprises où il n'y a pas de distribution de dividende, si ça va mieux, l'entreprise pourra faire une prime aux salariés qui sera exonérée de cotisations", a-t-il affirmé. Un Sarkozy à l'identique.

Le discours de Nicolas Sarkozy mercredi :

"Le problème n'est pas la quantité de travail mais de sa qualité"

Les 35 heures - "La politique économique fondée sur les 35 heures, le partage du travail, les idées socialistes ont conduit depuis 25 ans à l’austérité salariale", affirmait en 2006, Nicolas Sarkozy. En 2011, le chef de l’Etat fustige encore cette durée légale du temps de travail, mais varie dans l'argumentaire : "Le problème ne vient pas de la quantité de travail mais de sa qualité. Travailler 35 heures dans une entreprise où vous n'êtes pas respecté est un drame. Travailler 40 heures dans une entreprise où l'on se sent bien n'est pas un problème". Un Sarkozy quasi à l'identique.

La fin du chômage de masse : En 2006, Nicolas Sarkozy parlait de faire "reculer le chômage de masse, la pauvreté, les inégalités". Le candidat promettait un chômage en dessous de la barre des 5% et plus "aucune personne obligée de dormir sur le trottoir". En 2011, Nicolas Sarkozy n'aborde plus la question des SDF et n'a évoqué que vaguement la question du chômage. Un Sarkozy différent.

Son attachement à l’industrie française - En 2006, Nicolas Sarkozy soutenait : "Je n’accepterai jamais que l’on dise : les usines, c’est fini, l’industrie c’est fini". En 2011, la crise est passée par là, mais Nicolas Sarkozy se fait plus modéré : "la France garde des usines". Un Sarkozy quasi à l'identique.

Le slogan - En 2006, Nicolas Sarkozy avait lancé le célèbre : "Travailler plus pour gagner plus" qui l’avait accompagné pendant toute sa campagne. Cinq ans plus tard, le président n’a pas oublié de venir avec des petites phrases - comme "Changer pour demeurer les mêmes" - mais semble à court de slogans rassembleurs. Un Sarkozy différent.