14 juillet : cinq choses à retenir de l'interview de Hollande

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14 juillet : cinq choses à retenir de l'interview de Hollande
François Hollande a assuré qu'il "n y avait pas le moindre différend" entre lui et Manuel Valls, lors de la traditionnelle interview du 14-Juillet.@ Capture écran France 2
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ON RÉSUME - Mêlant les aveux et les annonces floues, le chef de l’État a balayé plusieurs sujets lundi lors de la traditionnelle interview du 14 juillet à l'Élysée.

Sur la reprise, un demi aveux... "La reprise, elle est là, mais elle est trop fragile. On est dans une faible reprise. Ce n'est pas acceptable", a reconnu François Hollande lundi, lors de son interview traditionnelle du 14 juillet. Il y a un an jour pour jour, le chef de l’État avait plus clairement affirmé "la reprise, elle est là", ce montrant plus optimiste qu'aujourd'hui. Mais malgré ce demi aveu d'échec, François Hollande entend rester volontariste. Le but de l'interview : montrer aux Français qu'il reconnaît leurs efforts, et qu'il se bat pour la reprise. Même s'il n'a rien annoncé de vraiment concret. On vous résume ce qu'il fallait retenir.

"Tout est maintenant sur la table et rien se sera modifié", a assuré le président de la République, pour qui le pacte de responsabilité (30 milliards d'allègement de cotisation pour les entreprises, en contrepartie de créations d'emploi et d'investissements) portera ses fruits... si les entreprises jouent le jeu. "10 milliards ont déjà été engagés. C'est un pacte. Les entreprises doivent faire ce à quoi elles se sont engagées". François Hollande le précise désormais clairement : si la reprise du marché de l'emploi tarde, c'est aussi à cause des entreprises. "Nous n'allons pas attendre. Et nous n'avons pas tout essayé", a toutefois assuré le président, annonçant notamment sa volonté de "lever tous les obstacles" sur l'apprentissage.

Sur le chômage : un vrai aveu. François Hollande a tout de même reconnu lundi s'être trompé en promettant une inversion de la courbe du chômage pour fin 2013. "J'avais dit qu'on allait inverser la courbe du chômage, c'était toute la passion qu'on avait mise, toute la volonté qui était la nôtre, et puis ce n'est pas venu", a-t-il reconnu. "J'aurais pu m'arrêter là, en disant: 'on n'a pas réussi'. J'ai dit au contraire: 'on n'a pas réussi, on va donner une nouvelle impulsion, une nouvelle accélération' et c'est le pacte de responsabilité et de solidarité", a-t-il ajouté. Ses solutions : 100 000 jeunes en service civique et 500 000 apprentis d'ici à 2017. Soit des vieilles annonces ressorties pour l'occasion.

Des baisses d'impôt à venir. Le chef de l’État l'a également reconnu : les Français ont payé trop d'impôts. "Il y a plus de Français qui payent l'impôt sur le revenu aujourd'hui qu'il y a 5 ans", a constaté le président. Mais il a également rappelé : "en 2014, 3 millions de ménages vont payer moins d'impôts et 1 million va sortir de l'impôt". Principale raison à cela : après deux années de gel, le barème de l'impôt sur le revenu est de nouveau réindexé sur l'inflation (plus de détails ici).

Et "en 2015, il y aura un effort supplémentaire pour les catégories moyennes", a déclaré François Hollande. Interrogé sur le nombre de contribuables concernés par ce nouveau geste, le président a simplement déclaré : "nous ferons en sorte qu'il y ait plusieurs centaines de milliers de Français qui payent moins d'impôts". "Je vous ferai connaître les décisions le moment venu", a-t-il conclu.

L'Affaire Sarkozy : il n'y est pour rien. Interrogé sur la mise en examen de Nicolas Sarkozy, François Hollande assure ne jamais être intervenu auprès de la justice, contrairement à ce qu'a sous-entendu l'ancien chef de l'Etat. "Je ne vais pas faire de commentaires. Je ne suis pas intervenu et je ne pouvais pas intervenir. Je vais poser les principes : le premier principe, c'est l'indépendance de la justice", a martelé le président de la République. Et d'enchaîner : "le deuxième principe, c'est la présomption d’innocence. Chacun doit avoir la certitude qu'il a été présumé innocent avant d'avoir été condamné."

Le président a toutefois commis un joli lapsus, confondant "prisonnier innocent" et "présumé innocent" :

Pas de divergences avec Valls. Alors qu'on l'interrogeait sur ses relations avec son Premier ministre Manuel Valls, le président a assuré qu'il n'y avait qu'une ligne au gouvernement et que les deux hommes étaient sur la même longueur d'ondes. "Si j'ai choisi Manuel Valls, c'est qu'il met de l'efficacité, de l'organisation et de la rapidité", a assuré le chef de l'Etat. "On n'est pas aux primaires, on est aux responsabilités du pays (…) S'il y avait le moindre différend, il n'y aurait pas de possibilité d'agir", a conclu le président, assurant que "rien ne pouvait le séparer de Manuel Valls.

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