Le "Club des 27" est un mythe

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avec AFP , modifié à
Des statisticiens ont montré que la malédiction des chanteurs morts à 27 ans est infondée.

La disparition d’Amy Winehouse le 23 juillet 2011 avait conforté les superstitieux : une nouvelle fois, une star de la musique disparaissait à l’âge de 27 ans, à l’image de Jim Morrison, Janis Joplin, Brian Jones, Jimi Hendrix ou encore Kurt Cobain. Mais cette malédiction du "Club des 27" n’est qu’une légende, comme vient de le prouver une équipe de statisticiens qui s’est penchée sur la question.

Oui, la célébrité augmente le risque de mourir jeune, mais le cap des 27 ans n’est en aucun cas fatal, indique cette étude publiée mardi par le British Medical Journal.

1.046 chanteurs étudiés à la loupe

A l’initiative d’Adrian Barnett, de l’université de technologie de Queensland, en Australie, l'équipe de statisticiens de la santé a compilé des informations sur les chanteurs ayant occupé le haut de l’affiche au Royaume-Uni depuis 1956.

Après avoir étudié le destin de 1.046 musiciens dont un album est arrivé n°1 des ventes au Royaume Uni entre 1956 et 2007, un constat s’impose : 71 musiciens sont morts durant cette période, soit 7% de l'échantillon. Mais les chercheurs n'ont pas observé de pic de mortalité à l'âge de 27 ans.

La célébrité nuit à la santé

Si l’âge ne joue aucun rôle déterminant dans les décès répertoriés, la célébrité joue en revanche un rôle prépondérant : les chanteurs ont deux à trois fois plus de risques de mourir prématurément que le reste de la population britannique.

"La célébrité peut augmenter le risque de décès chez les musiciens, mais le risque ne se limite pas à l'âge de 27 ans", résume l’étude, estimant "peu probable que le Club 27 soit un phénomène réel".

Les chercheurs soulignent cependant que Jimi Hendrix, Janis Joplin et Jim Morrison n'ont jamais eu d'album n°1 des ventes au Royaume-Uni et n'ont donc pas été inclus dans l'étude. Autre hypothèse évoquée par les statisticiens : les musiciens, en quête d'immortalité, prendraient inconsciemment plus de risques, voire se suicideraient, pour rejoindre l'élite des rockers disparus.