Eurovision : y a-t-il un style musical pour gagner ?

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Eurovision : y a-t-il un style musical pour gagner ?
La candidate grecque Elena Paparizou est arrivée première avec son titre très "europop", "My number one", en 2005.
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EUROPOP - Tour d’horizon des styles musicaux qui ont porté les candidats vers la victoire. 

Du jazz au hard rock, en passant par la pop, pour participer à l’Eurovision, tous les styles musicaux sont permis. Mais pour gagner, c’est autre chose. Des tendances se dégagent, d’une année sur l’autre. Alors, peut-on parler d'un style plus apprécié que les autres au concours musical ? Europe 1 a posé la question à un spécialiste de l’Eurovision, Franck, qui est l’auteur d’un site internet consacré au concours depuis 15 ans.  

La règle de base : toutes les chansons ont leur chance. "On trouve vraiment de tout : du jazz, de la pop, des balades et même des chansons plus lyriques proches de l’opéra", confie notre spécialiste. Du hard rock ? Aussi bien sûr, on vous a dit de tout ! Le groupe Lordi, qui défendait les couleurs de la Finlande, a d’ailleurs gagné en 2006, avec une chanson de hard rock. "Souvenez-vous, le groupe était grimé en monstres et leur chanson avait vraiment crée la surprise", se souvient Franck, aficionados du concours musical. 

Ecoutez le titre Hard Rock Hallelujah qui a remporté le trophée à la surprise générale : 

"L’europop", style musical gagnant. Si l’on remonte aux dix dernières années, le style qui s’impose c’est "l’europop" et la "dance", explique Franck. "L’europop", ce sont des chansons populaires, rythmées, un style musical hérité d’ABBA.

 

C’est un style de chanson qui n’existe pas en France mais dont les pays scandinaves et l’Allemagne sont friands.

La candidate suédoise, Lorren, remporte le concours avec "Euphoria" en 2012, un titre au style "europop" très marqué :

En 2005, c’est la candidate grecque Elena Paparizou qui arrive première avec son titre, là encore très "europop" : "My number one" :

Mais si le style "europop" est souvent gagnant, il ne faut pas le confondre avec le "shlager", très représenté en Allemagne. "Le "shlager" a été complètement abandonné à l’Eurovison", raconte Franck. "C'est une sorte de pop beaucoup plus nationale et qui continue de faire fureur dans le pays."

Et quid du style musical français ? Franck en est convaincu : "En France on fait des chansons un peu trop intello, trop sérieuses, avec une recherche de grande qualité musicale et de parole". Résultat : l'hexagone présente des chansons qui sont finalement un peu ennuyeuses pour les Européens.  "France 3  s’impose aussi d’utiliser la langue française mais ça ne marche pas", explique-t-il. En 2008, Sébastien Tellier a représenté la France avec une chanson totalement en anglais, ce qui a provoqué la colère d’un député. Le chanteur a alors dû rajouter une phrase en français dans son texte. "Dans les pays scandinaves, on chante systématiquement en anglais", fait remarquer Franck.

Il y a, bien sûr, des exceptions. Sur les dix dernières années, toutes les chansons gagnantes étaient en anglais, sauf une :

C’est avec le titre Molitva, interprété en serbe, que Marija Šerifović a fait mouche en 2007 :

Soigner la chorégraphie, ça compte. "Pour gagner", souligne Franck, "il faut aussi soigner la chorégraphie". Elle fait partie de l’ensemble et doit être en accord avec la chanson. Elle doit correspondre au thème de la chanson. Il faut aussi qu’elle soit originale. En 2008, la Russie s'était démarquée avec la chanson "Believe", interprétée par Dima Bilan.  

Et l'originalité, c'est qu'un patineur et un chanteur étaient réunis sur scène, pour un véritable show : 



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