Savez-vous qu’une campagne est un risque financier ?

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Savez-vous qu’une campagne est un risque financier ?
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QUESTIONS (1/9) - Nombre de candidats doivent financer leur campagne sur leurs fonds propres. Et rendre des comptes.

Le compte est bon. Les candidats aux municipales ont tout intérêt à conserver leurs tickets de caisses. A la fin de la campagne, leurs mandataires financiers doivent en effet fournir à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politique (CNCFP) un document récapitulant toutes les recettes et dépenses. Aucun oubli n’est toléré. Et une erreur peut coûter cher : sanctions financières, pénales et même inéligibilité. Un certain Nicolas Sarkozy, contraint de rembourser 5,5 millions d’euros par cette même commission, peut en témoigner…

Combien peut dépenser un candidat ? Les dépenses sont plafonnées selon le nombre d'habitants, de 2,06 euros par tête pour une petite commune à 0,65 euro pour une grande ville. Par exemple, les listes qui concourent à Bastia (43.008 habitants) ne peuvent dépenser plus de 56.810 euros au 1er tour et 78.560 euros au second tour. Seuls les documents officiels (bulletins de vote, professions de foi et affiches) sont pris en charge par l'Etat. Toutes les autres dépenses doivent être justifiées par une facture ou un ticket de caisse.

D’où vient l’argent ? Les candidats ont trois options :

• Les dons de particuliers, qui sont toutefois limités à 4.600 euros par personne. Ces dons peuvent donner droit pour l"intéressé à une réduction d'impôt égale à 66% des sommes versées, à condition qu'ils ne représentent pas plus de 20% du revenu imposable.  

• Les caisses de leur parti. Alain Fontanel, secrétaire national aux fédérations socialistes, reconnaît que  "le Parti national ou local peut abonder : dans les faits, le PS, nationalement, ne le fait pas car c'est trop compliqué. Localement, certaines fédérations prévoient une caisse avec une partie des cotisations". A l'UMP, la consigne est claire : "pas de financement par le national", mais des fédérations participent toutefois, comme à Strasbourg où la candidate Fabienne Keller "bénéficie d'une avance de l'UMP départementale de 30.000 euros ». A l’UDI et chez les écolos, on n’a pas les moyens d’aider les candidats. Le FN, lui, donne un coup de pouce sous forme de prêts à ses candidats, tout comme le Parti communiste.

• Leur propre portefeuille. Pour la plupart, les candidats financent personnellement au moins une partie de leur campagne. "Nous avons une enveloppe de 14.500 euros, nous allons essayer de ne pas dépasser 12.000 euros, j'emprunte 10.000 euros et le reste est auto-financé par moi", confirme Pierre Aylagas, maire PS depuis 2001 d'Argelès-sur-mer (Pyrénées-Orientales, plus de 10.000 habitants). "J'ai toujours payé tout seul par emprunt bancaire et j'ai mis de côté mon indemnité d'élu", abonde Pierre Le Guerinel (UDI).

Comment se faire rembourser ? Chaque candidat a un plafond qu’il ne peut pas dépasser. Tous ceux qui dépasseront les 5% dans les urnes se verront rembourser par l’Etat 47,5% du plafond de dépenses. Les candidats, prévoyants, dépensent en général moins que ce plafond pour se donner une marge… et ainsi être mieux remboursés. Et ceux qui ne franchissent pas la barre des 5% n’ont que leurs yeux pour pleurer.

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