Municipales : ces cinq villes qui font saliver le PS

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Municipales : ces cinq villes qui font saliver le PS
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OPTIMISME - Dans les rangs de la majorité, on espère bien éviter de prendre une déculottée.

Il y a encore quelques semaines, Jean-François Copé pronostiquait une "vague bleue". Depuis, les affaires ont éclaboussé l’UMP, et son patron est un peu moins ambitieux. Et c’est à gauche que l’on a quelque peu repris espoir. La débâcle annoncée ne sera peut-être pas aussi violente que craint initialement. Le Parti socialiste espère même emporter quelques victoires symboliques.

>> Europe1.fr vous présente ces villes qui font l’objet d’une attention particulière dans les rangs de la majorité.

MARSEILLE

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© REUTERS

Tous les regards socialistes seront braqués sur la cité phocéenne. Si Patrick Mennucci parvient à détrôner Jean-Claude Gaudin - et que dans le même temps Paris et Lyon restent socialistes - alors la majorité aura sauvé l’essentiel. En poste depuis 1995, le truculent maire UMP, âgé de 75 ans, se sait en danger. A la dernière élection présidentielle, sa ville a en effet majoritairement voté pour François Hollande. L’heure est peut-être au changement sur la Canebière.

Les sondages prédisent toutefois un résultat extrêmement serré, avec un Front national qui pourrait flirter avec les 20%, et donc joué un rôle important au second tour. Mais c’est un autre candidat qui détient les clés du scrutin, comme l’a révélé un sondage exclusif Ifop pour Europe 1 et La Provence, le 11 mars dernier. Dans le crucial sixième secteur, Robert Assante, maire divers droite des 11e-12e arrondissements, pourrait en effet dépasser la barre fatidique des 10%. "S’il se maintient, il rendrait le second tour très incertain. Il sera l’arbitre de ce scrutin", a expliqué à Europe 1 Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop. Et Robert Assante n’est pas tendre avec Jean-Claude Gaudin : "parler avec l'UMP ? Mais ces gens sont pour certains hors champ de la démocratie", a-t-il déclaré lors de la présentation de son programme.

NANCY

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Et si, pour la première fois de son histoire, la cité mosellane se donnait à la gauche ? Dimanche prochain, le jeune Mathieu Klein (photo), 38 ans, pourrait en effet créer une grosse surprise. Les sondages se suivent et se ressemblent : le candidat du parti socialiste, soutenu par les écologistes dès le premier tour, l’emporterait d’une courte tête face au candidat de l’UDI, soutenu par l’UMP, Laurent Hénart.

L’ancien secrétaire d’Etat chargé de la Formation professionnelle du gouvernement Fillon part avec un lourd handicap : André Rossinot, 75 ans, 45 ans de mandat local dont 30 comme premier magistrat, reste très présent. "C’est une fausse sortie. Il est candidat à la présidence du Grand Nancy" critique Mathieu Klein, ajoutant que lui "apporte des idées nouvelles dans la campagne". Laurent Hénart a choisi son angle d'attaque : "le manque d’envergure" de son adversaire, alors que lui à ses entrées à Paris. Pour l’instant, cela ne suffit pas.

AVIGNON

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Dirigée par la droite depuis 20 ans, la Cité des Papes est en passe de basculer à gauche. Selon un sondage Ifop réalisé pour Europe 1 et La Provence, à l’occasion de l’émission spéciale réalisée le 7 mars Avignon, la candidate socialiste Cécile Helle l'emporterait ainsi largement au second tour (45%) devant le candidat de l’UMP-UDI (30%) et celui du Front national (25%).

Cette victoire annoncée de la conseillère régionale PS s’explique en partie par les déboires rencontrés par la droite. Après trois mandats, la maire sortante UMP, Marie-Josée Roig, a finalement décidé de ne pas se représenter, après avoir un temps imaginé figurer en deuxième position sur la liste. Mais une polémique sur l'emploi fictif dont elle est accusée d'avoir fait bénéficier son fils a fini par la contraindre à jeter définitivement l'éponge.

Une décision qui a convaincu une dizaine de colistiers de quitter la liste de son successeur désigné, Bernard Chaussegros, qui a donc dû boucher les trous deux jours avant la date limite. Pas l’idéal pour partir au combat, mais ce n’est pas Cécile Helle qui s’en plaindra.

AIX-EN-PROVENCE

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© Max PPP

Qui aura la tête de Maryse Joissains ? En poste depuis 2001, l’ancienne députée UMP des Bouches-du-Rhône est une femme à poigne qui ne compte plus ses ennemis, y compris dans sa propre famille politique. "Cela fait treize ans que j'ai le fauteuil, ils bavent tous pour l'avoir. Mais j'ai en face de moi des personnes qui ne sont pas capables de gérer la ville", a-t-elle asséné il y a quelques jours.

Parmi ceux qui "bavent" figure le socialiste Edouard Baldo, qui espère bien profiter des ennuis judiciaires de la maire sortante, visée par une enquête pour détournement de fonds publics et trafic d'influence. Le dernier sondage disponible le donne certes perdant - de très peu, à 51% contre 49% -, mais la situation est complexe et l’espoir demeure à gauche. A Aix-en-Provence, pas moins de sept listes sont en effet sur la ligne de départ, dont des dissidents de droite. Au second tour, l’incertitude demeure donc, et le PS pourrait bien mettre tout le monde d’accord.
MONTAUBAN

Brigitte Barèges
Après une succession de lourds échecs aux régionales et aux législatives, Brigitte Barèges (photo) a finalement eu sa revanche en 2001 en ravissant cette mairie dirigée par la gauche depuis 1984. Mais son image auprès des Montalbanais est brouillée. En cause, ses dérapages médiatiques. En présentant son 28e colistier, Jean Tepkri, l'élue avait ainsi lancé: "il est la tâche de notre liste". Ce dernier, noir de peau, a préféré esquiver… Quelques mois plus tôt, lors des débats sur le mariage pour tous, l’édile avait lancé dans l’hémicycle : "et pourquoi pas des unions avec des animaux? Ou la polygamie?"

Des sorties critiquées y compris dans son propre camp - "inacceptable", l’avait tancé Jean-François Copé, d’autant plus que Brigitte Barèges fait également l’objet d’une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics. Roland Garrigues, son prédécesseur, se frotte les mains, et avec lui l’ensemble du PS. Un sondage, certes datant de juin 2013, le donne ainsi gagnant au second tour, avec 52% des voix.

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