Municipales : ces cinq villes dont rêve l’UMP

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Municipales : ces cinq villes dont rêve l’UMP
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AMBITIONS - Si l’opposition ne parle plus de "vague bleue", elle espère quand même des prises symboliques.

"Les vents favorables sont en train de pousser l'UMP vers la victoire". Ainsi parlait Jean-François Copé lors d’un meeting en Pas-de-Calais. C’était début février. Depuis, l’UMP a été emportée dans une tornade de mauvaises nouvelles, des enregistrements clandestins de Patrick Buisson au présumé trafic d’influence de Nicolas Sarkozy, sans oublier les surfacturations au profit de ses amis dont est suspecté le patron de l’UMP.

>> Si Jean-François Copé ne parle plus de "vague bleue", il espère bien remporter quelques victoires de prestige pour marquer les esprits. Tour de France.

TOULOUSE

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Jean-Luc Moudenc (photo) a fait un rêve. Et s’il reprenait son siège de maire, perdu en 2008 pour 1.209 voix seulement ? Le candidat de l’UMP sait qu’il ne part pas favori face au sortant, le socialiste Pierre Cohen. Mais il a des raisons d’y croire, à commencer par les sondages, qui le donnent au coude à coude au premier tour avec l’édile en place. L’ancien maire compte aussi sur la division de la gauche, qui présente pas moins de cinq listes au premier tour, alors que Pierre Cohen avait réussi à rallier tout le monde à sa cause en 2008. Une différence de poids.

Jean-Luc Moudenc a une autre espérance : que le peuple de gauche oublie de se déplacer pour voter. "Avec le contexte national, nous n'avons pas un climat très mobilisateur (...) Les gens déçus ne passent pas à droite ni à l'extrême droite, le risque est qu'ils n'aillent pas voter", reconnaissait d’ailleurs Pierre Cohen dans le JDD. Bastion de la droite pendant 37 ans, Toulouse pourrait bien être l’une des plus belles prises de l’UMP.

CAEN

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En 2008, Caen a vécu une petite révolution : pour la première fois de son histoire, un homme de gauche a conquis sa mairie ! Mais six ans plus tard, Philippe Duron (photo) n’est sûr de rien. "C'est très ouvert. Il peut très bien repasser à 52% ou se faire battre et être, lui, à 48%, ce n'est pas du tout exclu. Car Philippe Duron a du mal à convaincre sur le bilan de son mandat", estimait Pascal Buléon, politologue à l'université de Caen dans Le Parisien début février.

Face à lui, le député-maire trouvera l'UMP Joël Bruneau et l’UDI Sonia de la Provôté. Si, au premier tour, son alliance avec les radicaux, les chevènementistes et les communistes lui assurerait la première place selon un sondage Ipsos Steria-France Télévisions-France Bleu, Philippe Duront pourrait bien s’incliner au second. Le candidat UMP obtiendrait 51 %, et la candidate UDI, plus fédératrice, totaliserait, elle, 53 %. Mais dans cette même enquête parue le 4 mars, seulement un inscrit sur deux se déplacerait pour voter et 34 % des sondés n'ont pas encore choisi définitivement leur candidat. Tout reste donc possible. 

ANGERS

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Cette fois, ce sera la bonne, il en est persuadé. En 2008, Christophe Béchu (photo) sénateur et président UMP du conseil général du Maine-et Loire, avait manqué d’un rien de ravir ce bastion socialiste. "Les gens me glissaient alors que ce serait mon tour la prochaine fois. Ils me trouvaient trop jeune", a confié au JDD cet ambitieux de 40 ans, étoile montante de la sarkozie. La prochaine fois, c’est dimanche, et l’UMP compte bien ravir cette ville gérée par la gauche depuis… 37 ans !

Si la rue de Vaugirard a de grandes ambitions pour la cité angevine, c’est que Frédéric Béatse, le maire socialiste en place, devra affronter une dissidence PS, quand Christophe Béchu a, lui, réussi à fédérer autour de son nom une bonne partie de l’UDI locale. Reste une inconnue, comme dans beaucoup d’autres points chauds : le poids du Front national. Son candidat, Gaëtan Dirand, entend bien dépasser la barre des 10% et se maintenir au second tour. Pas suffisant pour endiguer l’optimisme de Christophe Béchu. Un sondage TNS Sofres pour RTL et le Nouvel Observateur donne une égalité parfaite à 50-50 entre lui et Frédéric Béatse.

ROUEN

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Prendre la ville de naissance de François Hollande, également fief électoral de Laurent Fabius, ça aurait de la gueule. Et, à en croire les sondages, c’est possible. Patrick Chabert (UDI) et Jean-François Bures (UMP-MoDem) ont une carte à jouer. Car si la droite part dispersée, Yvon Robert (photo), le maire socialiste candidat à sa réélection, a trois handicaps. Il souffre tout d’abord d'un manque criant de notoriété. Ce n’est pas pour rien que Valérie Fourneyron - qui lui a laissé sa place quand elle est entrée au gouvernement -, figure en seconde position sur sa liste.

Deuxièmement, les Rouennais ne sont pas vraiment convaincus par l’action de leur édile. Pire encore, les classements sur les villes les mieux gérées réalisés par certains hebdomadaires placent son bilan en bas de tableau. Certains pourraient donc être tentés d’appeler au changement :

Enfin, le principal problème d’Yvon Robert pourrait bien s’appeler François Hollande. En 2001, le maire de Rouen expliquait sa courte défaite par le revers national subi par les socialistes aux municipales. En 2014, la majorité de gauche  peine à convaincre et son président est au plus bas de sa popularité. Alors, bis repetita 13 ans plus tard ?

REIMS

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Là encore, la prise serait d’importance. Depuis 2008, "la cité des sacres", douzième ville de France, est dirigée par Adeline Hazan, une protégée de Martine Aubry. Le candidat de l'UMP, Arnaud Robinet, espère bien réparer ce qui ressemble à une anomalie dans une ville traditionnellement gouvernée par la droite. "Ce n'est pas une ville de gauche, même si François Hollande y a été majoritaire. S'il y a un face-à-face, cela se jouera dans un mouchoir de poche", admet Christophe Borgel, le Monsieur Elections du parti socialiste, dans le JDD.

Arnaud Robinet partira cette fois aux côtés de Catherine Vautrin, la trésorière de l’UMP, alors que cette dernière s’était déchirée avec Renaud Dutreil en 2008, coûtant la victoire à son camp. Une unité retrouvée qui porte ses fruits à en croire les sondages. Selon une enquête ifop réalisé pour Europe1 et L’Union, à l’occasion de notre émission spéciale réalisée le 4 février dernier à Reims, la liste UMP, UDI et MoDem arriverait en tête au premier tour avec 43% des suffrages, contre 37% pour la liste PS-PRG-EELV, conduite par la maire sortante. Au second tour, la droite modérée l'emporterait également, avec 46%, contre 42% pour la gauche et 12% pour le FN.

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