Dans les Hauts-de-Seine, ça grince à l’UMP

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Dans les Hauts-de-Seine, ça grince à l’UMP
Roger Karoutchi, secrétaire départemental de l'UMP ans les Hauts-de-Seine, doit s'employer pour calmer ses troupes.@ MAXPPP
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AMBIANCE - A Neuilly et à Boulogne, deux de ses bastions, le parti de droite se déchire.

Qu’il semble loin, le temps où l’UMP régnait tranquillement sur les Hauts-de-Seine. Désormais, la vie politique n’a plus rien d’un long fleuve tranquille pour l’ancien parti majoritaire dans le département francilien, cher à Nicolas Sarkozy, qui fut président du conseil général entre 2004 et 2007. La batailles des municipales en donne une nouvelle illustration, à Neuilly-sur-Seine et à Boulogne-Billancourt, où la formation de droite se déchire allègrement.

, le dissident devrait également battre campagne aux côtés de Benoist Apparu, le 12 février prochain.

Copé et Fillon prudents. Quant à Jean François Copé et François Fillon, s'ils n'afficheront pas de soutien, ils n'ont pas non plus prévu de venir soutenir le candidat officiel, Pierre Christophe Baguet. Qui fustige lui ce casting affiché par le camp adverse. Mais l'UMP ne se fait pas non plus trop d'inquiétude sur ce sujet. À Boulogne, elle peut se permettre une guerre fratricide sans risque électoral. Le parti résume ainsi la situation : ce sera une droite ou l'autre qui gagnera la mairie de toute façon.

>>> A Boulogne-Billancourt, un dissident très soutenu

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A Boulogne-Billancourt, la dissidence est presque une tradition. En 2008, déjà, deux candidats de droite s’étaient affrontés. Et aux dernières législatives de juin 2012, le candidat officiel de l’UMP, Claude Guéant, avait été battu par son dissident, Thierry Solère. Les municipales de 2014 n’échappent pas à la règle. Mais le fait nouveau, c’est que cette fois le candidat frondeur, Pierre-Mathieu Duhamel, qui s’oppose au maire sortant Pierre-Christophe Baguet (photo), officiellement investi, peut compter sur de nombreux appuis au sein du parti.

Juppé, Bertrand, Apparu… Malgré l’investiture donnée à son adversaire, c'est bien Pierre-Mathieu Duhamel qui a les honneurs du défilé des anciens ministres. A commencer par Alain Juppé, soutien actif, dont Pierre-Mathieu Duhamel fut le directeur de cabinet dans les années 80, comme l'explique Libération

. Dès le mois d'octobre 2013, l'ancien Premier ministre assurait avoir "passé l'âge d'être le petit doigt sur la couture suite aux décisions de la commission d'investiture" et affichait son soutien au candidat dissident. Pierre-Mathieu Duhamel, ex-UMP désormais divers droite, peut également se conforter avec le soutien, non officiel, de Xavier Bertrand. Et comme le confirme LeLab

>>> A Neuilly-sur-Seine, c’est UMP locale vs UMP nationale

A Neuilly-sur-Seine, l’UMP soutient l’UDI. Et ça ne plaît pas à tout le monde. Dans l’ancien fief de Nicolas Sarkozy, qui fut maire de la ville entre 1983 et 2002, le psychodrame de 2008, quand le candidat UMP David Martinon avait été violemment désavoué par ses camarades, a laissé des traces. Alors le parti a décidé d’apporter son soutien au maire sortant, Jean-Christophe Fromantin, étiqueté UDI. Un soutien qui fâche pourtant tellement Anthony Dodeman, le responsable UMP local, qu’il a démissionné de ses fonctions.

"Surprenant, pour ne pas dire artificiel." "Ce soutien m'apparaît quelque peu surprenant, pour ne pas dire artificiel", écrit dans une lettre adressée à la Fédération des Hauts-de-Seine celui qui a succédé à Jean Sarkozy en novembre 20012 à la tête de la section UMP de Neuilly-Puteaux.  Le jeune homme, âgé de 28 ans, explique encore qu'il "ne veut ni ne peut assumer localement" le soutien "gracieusement donné", selon lui, au maire sortant qui "n'a eu de cesse de s'en prendre à l'UMP".  "Nombreux sont les militants qui, depuis plus d'un mois, me font part de leur mécontentement face à une situation qu'ils ne cautionnent pas. Je partage leur point de vue", poursuit-il.

"Il faut respecter l’accord". "Il voulait être sur la liste de M. Fromantin en position éligible, mais il n'a pas trouvé d'accord", a réagi Roger Karoutchi, secrétaire départemental de l'UMP. Quant aux reproches sur le soutien apporté par l'UMP à Jean-Christophe Fromantin, le sénateur renvoie à l'accord national et départemental passé entre les deux partis. "Il faut respecter cet accord. Tous les sondages montrent que Fromantin passe au premier tour largement", a souligné l’ancien ministre des Relations avec le Parlement.

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