"Nous avons poussé François Hollande dans sa zone d'inconfort pour l'interroger" 1:59
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Ugo Pascolo
Les journalistes et auteurs du livre "Un président ne devrait pas dire ça", sur François Hollande, reviennent sur la méthode et l'impact de leur ouvrage, un an et demi après sa parution. 
INTERVIEW

C'était il y a un an et demi, le livre Un président ne devrait pas dire ça amorçait la chute médiatique de François Hollande. Invités de Village médias jeudi, pour évoquer notamment leur nouvelle méthode pour enseigner l'enquête aux étudiants en journalisme, les auteurs Gérard Davet et Fabrice Lhomme, reviennent sur leur ouvrage, au moment où François Hollande truste les librairies avec son propre récapitulatif de son quinquennat : Les Leçons du pouvoir.

Le titre, pomme de discorde avec François Hollande. "Je suis en train de le lire, c'est un ouvrage très complémentaire du livre qu'on avait pu faire sur sa présidence", glisse Fabrice Lhomme. "C'est une vision un peu idéalisée de son propre mandat, mais c'est moins langue de bois que ce qu'on aurait pu penser". "C'est sûrement l'une des raisons de son succès", avance le journaliste. En pleine promotion pour son propre livre, l'ancien président a confié qu'il n'en voulait pas aux deux journalistes pour l'impact d'Un président ne devrait pas dire ça, mais qu'il n'aimait pas le titre de l'ouvrage. "Il fait semblant de ne pas le comprendre", lance Gérard Davet.

"Il se trouve que je suis président". "On a mis longtemps à revoir François Hollande parce qu'il était fâché", révèle Gérard Davet. "Mais on lui a expliqué que ce titre, c'est lui qui l'a inventé : c'est lui qui nous avait dit 'je sais qu'un président ne devrait pas dire ça' quand il se hasardait à nous dire des choses qui sortaient des sentiers battus. Donc ce titre, c'est lui." "On avait un autre titre possible en tête", révèle de son côté Fabrice Lhomme au micro d'Europe 1. "C'était une autre phrase de François Hollande : 'il se trouve que je suis président'. On trouvait cette formulation révélatrice". "Finalement, il a peut-être échappé au pire", glisse-t-il dans un rire. 

Pas une confidence. Pour écrire un tel ouvrage, Gérard Davet et Fabrice Lhomme ont dû suivre François Hollande tout au long de son quinquennat. Les deux journalistes voyaient le président, une fois par mois, au sein de la rédaction du Monde. "Professionnellement c'était compliqué", avoue Gérard Davet. "Il fallait trouver le moyen de le sortir de sa zone de confort qui était l'Elysée. Donc on l'a poussé dans sa zone d'inconfort en le faisant venir chez nous pour l'interroger", détaille-t-il. "Mais il y avait des règles précises avec des magnétophones qui enregistraient tout". "François Hollande le savait pertinemment. Ce n'était pas une confidence, c'était une interview".