Têtu : le magazine gay en quête de survie

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Têtu : le magazine gay en quête de survie
¨Têtu fête ses 20 ans dans un climat compliqué @ Têtu
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PRESSE - Alors qu'il fête ses 20 ans, le magazine LGBT, en cessation de paiement et placé en redressement judiciaire, cherche un repreneur.

Samedi 6 juin, Têtu soufflera ses 20 bougies lors d'une grande soirée du Palais de Tokyo. La fête ne devrait pas être dans tous les coeurs : après plus de 200 numéros, le magazine gay lutte pour sa survie.

Lundi, un communiqué signé de la direction du magazine a rendu public le redressement judiciaire de CPPD, l'éditeur de Têtu, à la demande de Jean-Jacques Augier, directeur de la publication. L'entreprise s'est déclarée en cessation de paiement le 28 mai dernier. Les pertes, rapporte Le Monde, s'élèvent à 1,1 million d'euros en 2014 et devraient chiffrer à 500.000 euros pour 2015.

Jusqu'ici, les pertes annuelles s'élevaient à environ 2 millions d'euros, renflouées par Pierre Bergé, propriétaire du journal jusqu'en 2013. Depuis sa création en 1995, Têtu n'a jamais gagné d'argent.





Têtu se cherche un groupe. Selon la direction de Têtu, la situation chaotique du journal est "paradoxale", alors que l'entreprise a vécu une lourde restructuration : départ de la moitié des effectifs, déménagement des locaux du journal et réduction des frais de 60%.

Dans son communiqué, la direction rend responsable de ses soucis les "difficultés structurelles" de la distribution de presse et "l'attitude agressive de certaines agences de publicité", toujours en quête de meilleures marges. Pour survivre, Têtu a deux options : être aspiré par un groupe de presse, ou accueillir un nouvel investisseur.

"Il faut être réaliste", dit Yannick Barbe, directeur de la rédaction. "Il y a un trou que Jean-Jacques Augier [propriétaire depuis 2013, NDLR.] ne peut pas combler tout seul. On pense au magazine, on pense au titre, nous y sommes attachés."

Têtu a quatre mois pour sauver sa tête, avec deux mois d'été, peu propices aux affaires, au milieu de ce délai. Des contacts sont déjà établis, indique Têtu à Europe 1, sans en révéler la teneur.