Slate prend une nouvelle direction avec les Rothschild

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Slate prend une nouvelle direction avec les Rothschild
Rothschild vient à la rescousse de Slate.@ AFP
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La banque Rothschild va injecter deux millions d'euros dans le site d'information Slate, déficitaire depuis sa fondation et qui va mettre en oeuvre une "refondation" en 2018.

Les banquiers Benjamin et Ariane de Rothschild sont venus à la rescousse de Slate, site d'information qui va changer de formule et réduire ses effectifs, selon des informations de Libération confirmées par un document interne et la direction du site. Les dirigeants du groupe suisse Edmond de Rothschild, qui sont déjà actionnaires principaux de l'entreprise, vont injecter un total de 2 millions d'euros dans le site d'information, a indiqué Jean-Marie Colombani, président de Slate. Une première augmentation de capital de 1,15 million d'euros a été réalisée le 20 juin, selon Libération. Cet investissement a été réalisé via la société personnelle du couple Rothschild domiciliée au Luxembourg.

Une rédaction éditrice. Déficitaire depuis sa fondation en 2009, le site garde son modèle gratuit financé par la publicité et la vente de contenus. Dans un courrier interne envoyé début juillet, la direction de Slate soulignait qu'"une course sans fin à l'audience (est) désormais sans issue, et il (faut) accentuer ce qui a toujours fait la marque Slate". "Dans les prochains mois, la rédaction de Slate deviendra principalement éditrice", soulignait la direction du site. "Les articles publiés seront dès lors quasiment tous commandés aux pigistes, le rôle de la rédaction étant de les éditer, de les mettre en valeur et d'en assurer la distribution la plus large possible, en particulier sur les réseaux sociaux".

"Refonte totale". Slate ne devrait plus publier qu'une dizaine d'articles par jour, contre une quinzaine aujourd'hui. Le site devrait aussi avoir droit à une "refonte totale" en janvier 2018. Selon un journaliste du site cité par Libération, une partie de la dizaine de titulaires de cartes de presse du site devraient également profiter de la clause de cession pour quitter Slate, qui emploie 23 personnes. Le site avait déjà pu survivre grâce à des levées de fonds, malgré une chute de son chiffre d'affaires à 950.000 euros en 2015, contre 1,5 million en 2012, à cause de problèmes avec une régie externe. Slate, qui attire chaque mois trois millions de visiteurs uniques, selon des chiffres de l'institut Nielsen, espérait atteindre l'équilibre en 2017.