Siné, "un homme libre jusqu'à son dernier souffle"

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Le dessinateur Philippe Geluck a rendu hommage jeudi à son ami Siné, mort à l'âge de 87 ans.

INTERVIEW

"C'était un homme libre jusqu'à son dernier souffle. La liberté faite homme et faite dessinateur." Sur Europe 1, le dessinateur belge Philippe Geluck a tenu à rendre hommage à son ami Siné, mort jeudi à 87 ans. "Il est notre papa à tous. Il a commencé à dessiner dans les années 1950 avec une liberté de ton qui était invraisemblable. Il était marqué graphiquement par les grands dessinateurs américains comme Steinberg. Et puis, il s'est très vite rendu compte de la force du dessin humoristique et du dessin politique."

Siné a notamment laissé sa trace dans l'Express, crée les journaux l'Enragé et Siné Hebdo en 2008, participé au magazine satirique Hara Kiri : "Il l'a rejoint un moment car il faisait partie de la famille", commente Philippe Geluck.

"Il n'était pas antisémite". Siné avait aussi travaillé pendant presque trente ans pour le journal Charlie Hebdo avant d'en être licencié en 2008. En cause ? Sa chronique sur Jean Sarkozy qui s'était converti au judaïsme pour se marier. "Il a été viré de façon abusive. Il n'a contrevenu à aucune règle ni journalistique, ni éthique. Il a simplement relaté une information. Philippe Val - à la tête du journal pendant dix-sept ans - l'a accusé d'antisémitisme", se rappelle Philippe Geluck. "Siné a été complètement blanchi. Il n'est pas antisémite, au contraire. Siné était un défenseur de tous les opprimés." 

"Une plume remarquable." Pour Philippe Geluck, Siné était plus qu'un dessinateur, c'était aussi un écrivain : "Il faut relire sa biographie qui s'appelle 'Ma vie, mon oeuvre, mon cul'. C'est à se taper par terre parce que c'est tendre, c'est drôle, c'est nourri, c'est formidablement écrit. C'était une plume remarquable".