Radio France : entre "décision sage" et choix "très triste", la révocation de Mathieu Gallet fait débat

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Les avis divergent sur la révocation de Mathieu Gallet à la tête de Radio France, décidée mercredi par le CSA. Les Sages se retrouvent sous pression.

Dans un mois, il ne sera plus à la tête de Radio France. Mercredi, Mathieu Gallet a vu son mandat à la tête du groupe publics révoqué par le Conseil supérieur de l'audiovisuel, en conséquence de sa condamnation pour favoritisme lorsqu'il était président de l'Ina. Depuis l'annonce de cette décision, le débat fait rage sur le bien-fondé, ou non, de ce choix que beaucoup estiment opéré depuis l'Élysée.

"Décision sage". "Ce n'est bon ni pour Radio France ni pour le CSA. Le CSA anticipe les grandes réformes à venir et se retrouve dans une position extrêmement difficile", analyse sur Europe 1 jeudi matin Françoise Laborde, ex-membre du CSA entre 2009 et 2015. Face à elle, André Gattolin, député LREM qui a déposé une proposition de loi pour réformer le mode de nominations des présidents de Radio France et France Télévisions, estime qu'il s'agit au contraire "une décision sage" qui met fin à une situation ambiguë du CSA. "On ne peut pas à la fois être juge et arbitre : nommer des présidents de chaînes et en même temps les contrôler", explique-t-il.

Entendu sur Europe 1
Il y a un sentiment de dégradation possible de la personne morale Radio France
André Gattolin, député LREM

Les résultats ne comptent pas. Sauf que Françoise Laborde s'interroge sur le bien-fondé de cette décision. L'ancienne membre du CSA trouve que les critères "de compétence et d'expérience" avancés par le CSA pour motiver la révocation sont vagues. "Il a témoigné d'un manque de compétence dans l'attribution des marchés publics lorsqu'il était à l'Ina. Pour le coup, il y a un sentiment de dégradation possible de la personne morale Radio France", justifie en revanche André Gattolin. Peu importent les bons résultats du groupe, qui commencent à se redresser : "Ils n'ont pas envie de se séparer de Mathieu Gallet, sauf qu'il est condamné", explique sur Europe 1 Cyril Lacarrière, journaliste médias à L'Opinion. Selon lui, la même situation pourrait arriver si Stéphane Richard, dirigeant d'Orange, était condamné dans l'affaire de l'arbitrage Tapie, quand il était au cabinet de Christine Lagarde sous Nicolas Sarkozy. 

L'indépendance du CSA, "pure fiction" ? Reste à savoir de quelle indépendance le CSA a réellement bénéficié. "Sur ces matières-là, on [le CSA, NDLR] n'a jamais nommé un patron ou une patronne contre l'avis du pouvoir, c'est une pure fiction", explique Catherine Laborde. Un peu plus tôt, sur Europe 1, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux avait récusé toute intervention de l'exécutif dans ce dossier : "Le gouvernement a exprimé un souhait, le CSA prend ses décisions de manière indépendante. (…) Il n'y a pas eu de demande du gouvernement."