Primaire de la droite : comment se sont préparés les journalistes pour le dernier débat ?

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À quelques heures du débat où vont s'affronter les sept candidats à la primaire, le Grand direct des médias s'est introduit dans les coulisses du troisième et dernier débat avant le premier tour du 20 novembre.

En 2007, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal s'étaient affrontés au moment du deuxième débat de la présidentielle. Mais quelques heures avant de prendre l'antenne, les équipes des deux candidats s'étaient elles-aussi affrontées sur la température que devait avoir le studio où ils allaient débattre. Les sept candidats de la primaire de la droite, Alain Juppé, Jean-François Coppé, Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-Frédéric Poisson, François Fillon et Nicolas Sarkozy ont-il eu de pareilles exigences pour le troisième et dernier débat, diffusé jeudi soir à 20h55 sur Europe 1, en partenariat avec France 2 et la presse quotidienne régionale. Invités du Grand direct des médias, Nathalie Saint-Cricq, directrice du service politique de France 2, Nicolas Escoulan, directeur de la rédaction d'Europe 1, Jean-Pierre Elkabbach et Hervé Favre, éditorialiste politique à La Voix du Nord, racontent en quoi ce débat sera décisif et différent.

Un débat divisé en deux parties. La soirée sera divisée en deux avec une première partie où interviendra Jean-Pierre Elkabbach d'Europe 1. "J'aurai la maîtrise de cette partie, en ce qui concerne l'état du monde d'aujourd'hui, en coordination avec David Pujadas", explique le journaliste. La nouveauté concerne la deuxième partie du débat qui va amener les candidats à débattre entre eux. "Ce sera le dernier moment où l'on pourra les entendre discuter ensemble", assure Nathalie Saint-Cricq qui ajoute avoir le souci "de ne pas faire ce qui a déjà été fait ailleurs". "On a regardé ce qui n'a pas été abordé avant", détaille la journaliste de France 2. "On reprend les thèmes qui avaient été abordés en surface, comme l'école", explique-t-elle. Mais aussi : des relances courtes et des questions différentes à chacun des candidats. 

En finir avec la scénographie classique des présidentielles. Et si le premier débat, diffusé sur TF1, était plus policé, ce débat promet d'être plus animé, assure Nicolas Escoulan : "Ces derniers jours montrent une dramatisation de l'enjeu. Il y aura de l'intensité dans les prises de parole les uns vis-à-vis des autres". Une intensité renforcée par la technique du "fenêtrage" : terminé les plans fixes sur le visage d'un candidat. "Lorsqu'un candidats parlera, on pourra voir la réaction des autres. C'est intéressant", relève Nathalie Saint-Cricq.

Des pupitres plus stables. Après le premier débat, certains candidats s'étaient plaints des pupitres instables et contre lesquels ils ne pouvaient pas s'appuyer pendant les deux heures de débat. Deux heures au cours desquelles ils restent debout. Cette fois, ils ont été "stabilisés" et rapprochés : si un candidat tend un bras, il pourra toucher son collègue. "Le studio est intimiste. Il n'y pas de côté 'cathédrale' ou trop impressionnant", explique la directrice du service politique de France 2, évoquant les studios de Saint-Cloud, utilisé par la chaîne du service public pour ses émissions politiques.

L'actualité dictera aussi les questions. L'équipe de journalistes chargée d'interroger les candidats jeudi soir prépare et se répartit les questions. "J'ai rencontré mes collègues il y a huit jours", confie Hervé Favre de La Voix du Nord. "On va commencer par la partie sociale sur le RSA, les allocations chômages dégressives ou encore la sonnette d'alarme lancée par Caritas jeudi matin sur la pauvreté en France", ajoute l'éditorialiste politique.

Car l'actualité récente dictera également les questions. "Depuis le premier débat, certaines choses ont changé : l'élection de Donald Trump, la candidature d'Emmanuel Macron par exemple", explique Nicolas Escoulan. Le temps de parole sera respecté, mais la souplesse sera de mise. "Ils ont l'habitude", confie le directeur de la rédaction d'Europe 1. "A l'Assemblée nationale, ils sont aussi limités lors des questions d'actualité", ajoute-t-il. "Sauf qu'à l'Assemblée, leur micro est coupé lorsqu'ils dépassent le temps imparti", complète Hervé Favre.