Patrick Sébastien : "Je ne veux surtout pas être dans la norme"

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Trublion qui aime le silence, Patrick Sébastien était l'invité d'Isabelle Morizet, dimanche sur Europe 1. Il est revenu sur sa personnalité et sa nostalgie d'une France d'antan.

Il est fier d'avoir résisté tout au long de sa carrière à la tentation de la respectabilité, fier d'être un "clown populaire malgré le poison des sarcasmes". Patrick Sébastien l'explique dans son livre Le vrai goût des tomates mûres. A l'occasion de sa sortie, il est l'invité d'Isabelle Morizet dans Il n' y a pas qu'une vie dans la vie

"J'aime les choses populaires, simplistes". La respectabilité n'est pas vraiment une qualité, selon l'animateur. Elle tient plutôt du choix. "J'ai une culture générale assez haute, si j'ai envie de me faire admirer, je peux le faire. La respectabilité, c'est apporter de l'importance au regard que les autres ont sur soi. Moi je veux garder mon regard à moi sur les autres. C'est pour ça que je ne veux pas de cette respectabilité que j'aurais pu avoir en évitant tout un tas de choses très populaires, simplistes, mais c'est ce que j'aime."

Marié à 16 ans, père à 17. Le côté saltimbanque et joyeux fait néanmoins plutôt office de "façade" ou d''homéopathie" : "Devant la futilité de la vie, on est obligé d'être joyeux", pense l'humoriste qui ne s'estime pas heureux - "qui l'est ?"- mais néanmoins comblé vis à vis de ses rêves de gosse. Pourtant, il ne devait pas devenir animateur. Le programme au départ était de devenir professeur de littérature, grâce à des études de lettres qui lui ont servi dans l'écriture et la présentation.

Lettres, rugby, théâtre, Patrick Sébastien a déjà, jeune, une vie bien remplie. Et une famille. Il se marie à 16 ans, a un enfant dans la foulée, alors que lui-même n'a pas connu son père. La "bâtardise" l'a mis à l'époque "dans une marge" qu'il n'avait pas demandée. Sa revanche a été de se mettre, en réaction, systématiquement dans la marge. "Aujourd'hui, je fais des chansons populaires, parce que toute une élite estime que c'est de la merde. Si demain, ça devenait à la mode, je ferai autre chose. Je ne veux surtout pas être dans la norme."

"On nous fait peur sur tout". Pas à un paradoxe près, celui qui travaille au milieu de la foule, du bruit et des paillettes aime le silence et sa terre, le Lot. Il a aussi la nostalgie profonde d'une ancienne France, celle des années 70-80. Selon lui, aujourd'hui, "la joie", une sorte d'insouciance, a été perdue. Le monde médiatique parle "de la viande qui donne le cancer, du fait de rouler trop vite, des attentats, ou de voir un flic donner un coup à un gamin qui tourne en boucle. Cette violence étalée me choque. Quel est le but ?" s'interroge-t-il, si ce n'est celui de "monter les gens les uns contre les autres." Une transparence nocive, "qui nous fait peur sur tout."

"Contre la fessée". De cette nostalgie est née la récente polémique qui l'a opposé à Yann Moix dans l'émission On n'est pas couché. Là où Patrick Sébastien voyait dans une violence "light", comme celle du martinet ou des mêlés de rugby, une saine éducation pour "le bien". Il précise son propos : "Je n'ai pas la nostalgie du martinet, je ne le conseille pas non plus. Je suis contre la fessée, je l'ai dit, certains n'ont pas voulu comprendre."