"Le Petit Journal" : "un type d'émission assez spécial"

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"Le Petit Journal" : "un type d'émission assez spécial"
Yann Barthès sur le plateau du "Petit Journal"@ AFP
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Invité dans Europe Midi, le professeur spécialiste des médias François Jost est revenu sur l'histoire de l'émission satirique de Canal+.

INTERVIEW

C'est un coup dur pour Canal+. Lundi matin, dans une déclaration transmise à l'AFP, Yann Barthès, le présentateur historique du Petit Journal sur Canal+ a annoncé qu'il quitterait l'émission à la fin de la saison, le 23 juin prochain. Après cinq ans à la tête de l'émission, l'animateur souhaite se lancer dans "une nouvelle histoire et vivre de nouvelles aventures". Invité dans Europe Midi, lundi, François Jost, professeur à la Sorbonne Nouvelle, spécialiste des médias et directeur de la revue Télévision est revenu sur l'histoire de l'émission.

"Un type d'émission assez spécial". "C'est un type d'émission assez spécial qui existe dans le monde entier et que l'on appelle l'infotainment, un mélange d'information et d'entertainment", explique le professeur de la Sorbonne Nouvelle. L'émission "a un ton particulier" parce qu'elle mélange l'information - avec des reportages très bien faits ces derniers temps - et "un côté moqueur avec dérision qui est largement fondé sur de l'analyse de l'image", poursuit François Jost.

Plusieurs affaires. Pour le directeur de la revue Télévision, "c'est là que peut-être ça a un peu dérapé". "En 2012, il y a eu cette fameuse affaire pour savoir s'il s'agissait de journalistes ou non. Yann Barthès se définit comme un journaliste mais est en même temps un animateur et c'est dans cela peut-être que les spectateurs ne se reconnaissent peut-être plus tout à fait. Ils attendent à la fois du sérieux et de la dérision", explique-t-il. "Il y a aussi eu cette fameuse affaire où Le Petit Journal s'en est pris à Jean-Marc Ayrault qui reprenait textuellement les paroles de François Hollande mais ils avaient simplement supprimé le 'comme l'a dit le président' et cela a engendré une perte de crédit dans l'émission", poursuit le spécialiste des médias. "Beaucoup de gens sur la toile on dit, 'on croyait Barthès. On croyait qu'il nous montrait les mécanismes de la communication, mais en fait il bidouille comme les autres'".