LCI en gratuit : "il y a un énorme besoin d'informations diversifiées", estime Schrameck

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Alors que le CSA a donné son feu vert pour le passage de LCI sur la TNT gratuite, Olivier Schrameck, le président de l'autorité de régulation de l'audiovisuel, revient sur les motivations de cette décision.

INTERVIEW

Presque deux ans après la première demande de passage en gratuit, un refus et de nombreux rebondissements, le CSA a finalement validé jeudi le passage en gratuit de LCI. "Nous apprécions la situation éminemment mouvante du paysage audiovisuel français d'année en année", s'est justifié sur Europe 1 Olivier Schrameck, le président de l'autorité de régulation.

Situation différente à 2014. En juillet 2014, le Conseil supérieur de l'audiovisuel avait retoqué le passage en gratuit de LCI, notamment en raison d'un marché publicitaire instable et de la fragilité, à l'époque, de BFMTV, non adossée à un grand groupe audiovisuel. Mais en l'espace d'un an, le contexte général a changé. BFMTV a conforté sa position de leader et s'est associé au groupe Altice. De son côté, iTélé bénéficie toujours de la puissance de sa maison mère, Canal Plus. Enfin, "à l'inverse de 2014, où il y avait des possibilités de reconduction de la diffusion de LCI sur la TNT payante, cette fois-ci, au 1er janvier, il n'y avait plus aucune possibilité. Payer l'information, ce n'est plus une habitude que les téléspectateurs acceptent", estime Olivier Schrameck, balayant les rumeurs autour de "pressions extérieures" qu'il aurait subies.

Un projet différent. Durant cette année écoulée, la direction de LCI a également modifié son projet éditorial pour se distinguer de ses deux rivales en vue d'obtenir le feu vert du CSA. Aujourd’hui, la part des journaux est par exemple limité à 30%" contre 70% sur la quinzième chaîne. "TF1 a également pris des engagements économiques et financiers en refusant les publicités couplées et les promotions croisées entre les deux chaînes", souligne le président du CSA. "Il y a différentes façons de traiter l'actualité et LCI s'est engagée à le faire de façon originale. (…) Il y a un énorme besoin d'informations diversifiées", a ajouté Olivier Schrameck, vantant le pluralisme.

Un marché extensible ? Si cette nouvelle décision ravit le groupe TF1, les tensions s'accentuent du côté de BFMTV et d'iTélé. La première réalise des bénéfices depuis quelques années tandis que la seconde n'est toujours pas à l'équilibre. En termes d'audiences, la chaîne de NextradioTV dépasse les 2% de parts d'audience alors que sa rivale stagne sous la barre des 1%. Mais ce marché estimé à un peu plus de 3% de l'audience est difficilement extensible. En Europe, aucun pays ne possède plus de deux chaînes d'information en continu. La France fera donc figure d'exception. Sans oublier que France Télévisions et Radio France ont annoncé l'été dernier leur volonté, eux-aussi, de lancer une chaîne d'information en continu, la première qui serait publique.

Alain Weill, le patron du groupe NextRadioTV, la maison mère de BFMTV, a annoncé vendredi matin son intention de déposer un recours auprès du Conseil d'Etat contre la décision du CSA.