Italie : un CDI à gagner

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Italie : un CDI à gagner
@ CAPTURES D'ECRAN LA7
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Une chaîne italienne organise une émission pour faire gagner un emploi à un chômeur.

Pour que Giovanni gagne un CDI, tapez 1. Pour que Manuela se fasse licencier, tapez 2. Scandale en Italie : une chaîne de télévision a lancé mardi une émission de télé-réalité avec un emploi en CDI à la clé. Dans Il Contratto (Le Contrat), les trois candidats s'affrontent pour obtenir un poste de "télévendeur senior".

Diplômés au chômage

La Sarde Manuela, le Sicilien Giovanni et le Milanais Dario doivent convaincre employeurs et téléspectateurs. Tous trois diplômés, chômeurs, âgés de 32 à 39 ans, ils ont été sélectionnés par Monster, une multinationale américaine spécialisée dans le recrutement.

L'entreprise recherche un "télévendeur senior". "Qualités requises : esprit d’équipe, compréhension des logiques commerciales, capacité à s’entretenir avec des interlocuteurs de haut niveau", précise son annonce. Durant l'émission, les téléspectateurs peuvent suivre leur semaine de formation au sein de l'entreprise. Ils devront travailler sous l'oeil des caméras, passer des entretiens avec des coachs... Et comme dans toute télé-réalité qui se respecte, les candidats habitent ensemble dans une grande maison.

Pour la première semaine, c'est la filiale de Monster en Italie qui a embauché un candidat : Manuela a signé son CDI la veille de la diffusion de l'émission. Sept autres épisodes, avec d'autres candidats et d'autres entreprises qui recrutent, devraient suivre.

"On est arrivé au fond"

Le concept fait grincer des dents en Italie. "On est arrivé au fond. Cela veut dire qu’on doit passer par la télévision pour parler du travail ?", s'insurge Antonio Lombardi, président de l’association Alleanza Lavoro, spécialisée dans l’aide aux chercheurs d’emploi, dans les colonnes du Parisien.

Mais pour le patron de la chaîne, Marco Ghigliani, "ce n’est pas un show. Nous ne mettons pas en jeu les contrats de travail. Nous suivons juste le parcours de candidats qu’une entreprise doit choisir", défend-il dans La Repubblica.