Interview mise en scène : TF1 se défend, Mélenchon s'insurge

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Interview mise en scène : TF1 se défend, Mélenchon s'insurge
Jean-Luc Mélenchon interviewé par Claire Chazal, le 1er décembre 2013 sur TF1.@ Capture TF1
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RÉACTIONS - Alors que des militants du FG s'étaient massés derrière leur leader, donnant l'impression d'une foule, les intéressés se défendent.

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) va examiner prochainement les conditions de tournage d'une interview de Jean-Luc Mélenchon diffusée dans le journal de 13 heures de TF1, dimanche. Alors que le leader du Front de gauche était en duplex du 13e arrondissement de Paris, quelques dizaines de militants s'étaient massés derrière lui en agitant des drapeaux, donnant l'impression d'une foule prête à manifester. Cependant, TF1 se défend de toute "volonté d'induire en erreur". Jean-Luc Mélenchon dénonce, pour sa part, une "bouffonnerie"…

>> LE RAPPEL DES FAITS - Une interview de Mélenchon mise en scène sur TF1

TF1 s'explique. "Lorsqu'un président de parti parle pour une interview télé en duplex, il est tout naturel que des supporters se massent derrière", a fait valoir un porte-parole de TF1 auprès de l'AFP. "Personne de nos équipes n'a demandé une chose pareille".

"On ne peut réaliser un duplex au centre d'une manifestation à cause de la qualité du son. Et il faut un cadre serré pour bien entendre et bien visualiser", a-t-il poursuivi. "On voit bien dans l'image qu'ils sont peu nombreux. Il n'y a aucune volonté d'induire en erreur. Jamais il n'est dit dans le reportage qu'il s'agit d'un cortège de plusieurs milliers de personnes".

Une "diversion grotesque" pour Mélenchon. De son côté, Jean-Luc Mélenchon a posté plusieurs tweets dans lesquels il s'indigne de la polémique. "Aucun montage de TF1", a-t-il assuré, dénonçant une "diversion grotesque". "Journalistes, au lieu de régler des comptes, enquêtez", a-t-il également écrit, dans une énième pique lancée aux médias.



Lorsque le CSA a annoncé à Europe1.fr qu'il examinerait l'interview en cause, le leader du Front de gauche s'est fendu d'un autre tweet : "Tout l'Etat PS est mobilisé pour dénaturer la marche de l'opposition de gauche contre la TVA", s'est-il indigné, dénonçant une "bouffonnerie".



Mardi, Jean-Luc Mélenchon a remis le couvert, cette fois sur le registre de l'ironie :



Le Front de gauche assume. Lundi, le secrétaire national du Front de gauche avait jugé "logique" d'avoir montré ces militants lors de l'interview de Jean-Luc Mélenchon. "Les images ont une dimension politique, nous le savons bien. Pour présenter une manifestation, on n'allait pas faire l'interview dans une rue déserte", a estimé Alexis Corbière, également conseiller de Paris, interrogé par Le Huffington Post. "Il est donc logique d'avoir voulu donner une dimension militante aux images".

Pour Mailly, "cela fait un peu rafistolage". Interrogé mardi sur i>Télé à propos de cette polémique, Jean-Claude Mailly, secrétaire général du syndicat Force ouvrière et habitué des manifestations, a estimé que l'interview de Jean-Luc Mélenchon sur TF1 faisait "un peu rafistolage, c'est le moins qu'on puisse dire". "J'ai cru comprendre qu'on ne pouvait pas interviewer quelqu'un pendant une manifestation, que c'était un peu compliqué", a-t-il ajouté, faisant référence aux explications de TF1. Pourtant, "on m'a déjà interviewé en manifestation", a-t-il assuré, estimant qu'"il faut mieux jouer clair".