La purge se précise pour Envoyé spécial et Complément d'enquête

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Alors qu'un plan d'économies se met en place à France Télévisions dans le cadre de la baisse des crédits du groupe public, les rédactions des deux magazines d'info sont plus que jamais menacées.

La crise s'enlise au sein de la rédaction de France Télévisions. Lundi soir, la direction de l'information a annoncé aux équipes vouloir supprimer "moins d'une quarantaine d'équivalents temps plein" (ETP) en septembre 2018, contre 66 évoqués dans un premier temps.

6 journalistes restants sur 27. Selon L'Express et Le Parisien, France Télévisions compte supprimer entre 16 et 17  CDD - parmi lesquels des "CDD historiques" - d'ici juin sur l'ensemble des deux magazines. Quatre CDI, parmi lesquels Tristan Waleckx, lauréat du prix Albert Londres en 2017, seraient quant à eux redistribués aux JT. Il ne resterait ainsi, selon les décomptes, que 4 journalistes sur 14 à Envoyé spécial, et 2 sur 13 à Complément d'enquête

La nouvelle piste envisagée par la direction de l'information serait d'externaliser au maximum les sujets d'enquête des émissions. En clair, les reportages ne seraient plus réalisés par des journalistes "maison", mais livrés clé en main par des sociétés de production extérieures.

Les magazines toujours diffusés. Il y a une semaine déjà, Europe 1 évoquait le souhait de la direction de l'information de France Télévisions de modifier la grille des jeudis soirs. Au lieu de diffuser Envoyé spécial en prime, puis Complément d'enquête en deuxième partie de soirée - respectivement présentés par Elise Lucet et Thomas Sotto -, il s'agissait d'alterner chaque semaine entre Envoyé spécial et Complément d'enquête en prime. Mécaniquement, cela fait moins d'émissions à préparer. Le besoin en journalistes était donc limité. Finalement, selon Le Parisien, la direction de l'information de France Télévisions a assuré aux équipes que les magazines Envoyé spécial et Complément d'enquête seraient toujours diffusés trois soirées par mois, en alternance avec L'Emission politique. La durée des deux émissions devrait toutefois être réduite.

L'information en danger. Sur Twitter, les présentateurs d'Envoyé spécial et Complément d'enquête ont vivement réagi à l'issue de la réunion, lundi soir. "C'est l’indépendance de l’info qui est en jeu pour des raisons budgétaires", a dénoncé Elise Lucet. "#ComplementDEnquete & #EnvoyeSpecial sont indispensables", a quant à lui plaidé Thomas Sotto. Selon un journaliste d'Envoyé spécial, cette piste signerait tout bonnement "la mort" des deux magazines. 

Le bras de fer entre les journalistes et la direction doit se poursuivre mardi. Une rencontre est prévue avec Delphine Ernotte dans la journée, suivie d'une assemblée générale prévue à 16h30.