"Enfant secret" : Paris Match gagne face à Albert de Monaco

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"Enfant secret" : Paris Match gagne face à Albert de Monaco
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JUSTICE EUROPÉENNE - La CEDH a estimé que le magazine avait été condamné à tort par la justice française et avait eu raison de dévoiler l'existence de cet enfant.

"Un intérêt légitime du public". L'hebdomadaire français Paris Match a été condamné à tort par les tribunaux français pour avoir révélé en 2005 l'existence d'un "fils secret" du prince Albert II de Monaco, a jugé jeudi la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). "Il y avait un intérêt légitime du public à connaître l'existence de cet enfant et à pouvoir débattre de ses conséquences éventuelles sur la vie politique de la principauté de Monaco", ont estimé les juges européens, qui ont conclu que la condamnation du magazine avait constitué une violation de sa liberté d'expression.

Condamné malgré la reconnaissance publique. En juin 2005, Paris Match avait été condamné par le tribunal de grande instance de Nanterre à verser 50.000 euros de préjudice moral à Albert Grimaldi. L'objet du litige était la publication dans l'hebdomadaire, en mai 2005, d'une interview de Nicole Coste, une hôtesse de l'air française d'origine togolaise, qui révélait que son fils Alexandre alors âgé de 20 mois, avait pour père Albert de Monaco. A la suite de ces révélations, le souverain monégasque avait publiquement reconnu l'enfant le 6 juillet 2005, ce qui n'avait pas empêché la confirmation en appel de la condamnation de l'hebdomadaire, en novembre suivant.

L'"importance politique" de l'enfant. Neuf ans après cette controverse, les juges européens ont relevé d'une part que l'existence de cet enfant revêtait une "importance politique", quand bien même le jeune Alexandre, "en l'état actuel de la Constitution monégasque", "ne peut prétendre succéder à son père". D'autre part, a souligné la CEDH, "il ne s'agissait pas seulement de la vie privée du prince, mais également de celle" de Nicole Coste et d'Alexandre. La préservation de la vie privée du prince ne doit pas faire obstacle à la volonté d'Alexandre "d'affirmer son existence" et de "faire reconnaître son identité", ont estimé les juges.

Cet arrêt n'est pas définitif : les parties ont trois mois pour demander un nouvel examen du dossier par la CEDH, qui n'est toutefois pas tenue de le leur accorder.