David Pujadas : "si on n’était pas là pour le faire, qui intéresserait les Français à la politique ?"

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Présentateur du journal de 20h de France 2 et de L'émission politique, David Pujadas cherche à redonner envie aux Français de s'intéresser à la politique.

David Pujadas présentera jeudi soir un nouveau numéro de L’émission politique à 20h55 sur France 2 aux côtés de Léa Salamé et de Karim Rissouli qui recevront Benoît Hamon, candidat à la primaire de la gauche. Le journaliste qui a également présenté les débats de la primaire de la droite était l'invité du Grand direct des Médias d'Europe 1 jeudi.

Une primaire à droite qui s'est jouée sur France 2.Les débats de la primaire diffusés sur France 2 et TF1 ont passionné les Français puisqu'ils ont rassemblé plus de 8 millions de téléspectateurs au total. "Je crois que ça a été des joutes de bon niveau, des débats de bon niveau, des émissions politiques de bon niveau", estime David Pujadas. "Ça a ramené les Français vers la politique comme quoi ce n'est pas un fossé si profond que ça. Et cet intérêt va sans doute se poursuivre avec la campagne présidentielle." France 2 a même battu TF1 alors que les débats étaient diffusés simultanément sur les deux chaînes. "C'est une marque de confiance. Ça montre aussi qu’on est la chaîne de référence en politique. Et si on n’était pas là pour le faire, qui ferait vivre le débat ? Qui intéresserait les Français à la politique ?"

France 2, la chaîne naturelle des sujets politiques. France 2 a clairement mis l'accent sur la politique, quelques mois avant l'élection présidentielle, notamment en lançant en septembre L'émission politique. "L’émission a eu la tâche difficile de remplacer Des paroles et des actes qui était déjà bien installée. Cela dit, quand vous regardez les scores, ils étaient à peu près égaux à ceux de l'émission précédente."

Pourtant les débuts de L'Émission politique ont été un peu laborieux puisque l’audience a oscillé entre 1,8 et 2,7 millions de téléspectateurs. "Ça dépend clairement des invités. Et puis nous avons fait le choix de recevoir le maximum de monde possible. Vous ne faites pas les mêmes audiences avec des cadors connus et avec ceux qui sont un peu plus dans l’ombre. Mais ça on le sait. On espère toujours que ça va intéresser les gens et puis l’émission est vivante. Mais on ne va pas, avec une émission avec Benoît Hamon [l'invité de jeudi], avec l'espoir de rassembler autant de monde qu’avec une émission avec Manuel Valls, Alain Juppé ou même François Fillon."

Une nouvelle émission et deux présentateurs. Dans L'émission politique, David Pujadas partage désormais la présentation avec l'ancienne intervieweuse politique de l'émission de Laurent Ruquier, On n'est pas couché, Léa Salamé. Une cohabitation qui fonctionne bien. "Je la connaissais peu mais c’est une grosse bosseuse, c'est quelqu'un de consciencieux et de rigoureux. Elle est facile à travailler. On s'échange des questions, on se donne des conseils… Ça fonctionne bien d’abord parce qu’on n'a pas tout à fait le même registre et puis parce qu'on s'entend bien."

Pourtant à chacun son style et celui de Léa Salamé passe parfois pour agressif. "Je ne la trouve pas agressive. La Léa Salamé d'aujourd'hui n’est plus tout à fait la même que celle de septembre. Quand vous avez une telle pression et que vous venez d’une autre émission qui n’est pas la même 'limonade', il y a un petit temps d’adaptation. Je trouve qu’elle est dans son registre, elle a un mode de questionnement plus éditorialisé, elle se met plus en avant et je trouve qu'aujourd'hui ça fonctionne bien."

"C’est forcément difficile d’arrêter le JT." David Pujadas est également l'un des présentateurs historiques du journal de 20h de France 2, un poste qu'il n'envisage pas de quitter pour l'instant. "Je n’ai pas pensé à une date de sortie parce que quand j’ai commencé j’ai dit 'Vous ne me verrez jamais 10 ou 15 ans au 20h' et ça fait 15 ans que j’y suis." "J'ai un grand plaisir à faire ce que je fais avec l’équipe de rédaction en chef. On fait un 20h exigeant avec beaucoup de pédagogie et d’expertise et ça fonctionne. On arrive à rassembler les gens sur des sujets pas toujours évident. C’est un grand plaisir." Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, le journaliste reste lucide. "C’est forcément difficile d’arrêter le JT parce que c’est une gymnastique quotidienne, une adrénaline et un lien avec les gens. Après il faut quand même faire autre chose."