"D-Day" : une guerre des images autour des cérémonies

  • A
  • A
"D-Day" : une guerre des images autour des cérémonies
Les cérémonies de commémoration de l'armistice de 1945 sur la plage de Ouistreham, en mai 2008 (photo d'archive).@ Reuters
Partagez sur :

POLÉMIQUE- Les agences de presse accusent TF1 et France 2 de vouloir "commercialiser" la retransmission des commémorations du Débarquement.

Les images du "D-Day", un casus belli. Vendredi, cela fera 70 ans que les Alliés ont débarqué sur les plages de Normandie pour libérer l'Europe occupée. L'occasion d'une commémoration de grande ampleur, à laquelle participeront notamment François Hollande, la reine Elisabeth II et Barack Obama. Un évènement qui sera retransmis en direct sur plusieurs chaînes de télévision. Mais en coulisses, une polémique fait rage sur le coût des images des cérémonies.

A l'origine de l'affaire, on trouve une décision de l'Elysée. La présidence de la République a en effet confié en exclusivité à TF1 et France 2 la réalisation et la retransmission des images des commémorations. Une pratique habituelle pour ce genre de grand évènement, qui consiste à confier à un "pool" - c'est-à-dire à quelques médias sélectionnés - la captation des images, charge à eux de les mettre ensuite à la disposition de leurs confrères. C'est par exemple ce qui se passe pour les conférences de presse du chef de l'Etat.

Le problème, c'est que TF1 et France 2 auraient dans un premier temps réclamé 200.000 euros aux agences de presse internationales, comme l'Agence France Presse (AFP), Associated Press ou Reuters, pour accéder à ces images. Or, ces agences servent de relais aux médias du monde entier pour retransmettre à leur tour l'évènement. Une décision contraire aux usages, affirment-elles, réclamant un accès libre de droits. Faute de quoi, "des millions de téléspectateurs pourraient être privés de direct", menaçait vendredi une dépêche de l'AFP. "La commercialisation de cet évènement historique est choquante", a renchéri Philippe Massonnet, le directeur de l'information de l'agence.

Gratuit pour les télés étrangères, pas pour les agences. En réalité, les téléspectateurs étrangers pourront bel et bien assister aux commémorations. "Toutes les chaînes internationales auront accès gratuitement à l'intégralité des cérémonies du 6 juin", ont en effet assuré TF1 et France 2 dans un communiqué, vendredi soir. En revanche, les agences de presse, qui demandent à pouvoir utiliser ces images en télévision et sur Internet, devront payer. La facture devrait s'élever à plus de 40.000 euros pour chacune d'entre elles, croit savoir le quotidien Les Echos.

Les chaînes info devront payer. Par ailleurs, les chaînes françaises devront, elles aussi, ouvrir leur portefeuille. "Comme il est d'usage, une participation aux frais techniques pour l'accès au signal réalisé est demandée à l'ensemble des médias nationaux qui souhaiteraient diffuser en direct l'événement", indiquent en effet TF1 et France 2. Motif : la production des images coûtera cher aux deux chaînes - "plusieurs centaines de milliers d'euros", selon Catherine Nayl, la directrice de l'information de TF1.

"Si on voulait couvrir nos frais pour ce type d'évènement là, ou tous les autres évènements, les sommes ne seraient pas du tout celles-là, elles seraient quand même beaucoup plus importantes", a avancé de son côté Yannick Letranchant, l'un des responsables de l'information chez France Télévisions. Manière de dire que l'opération sera de toute façon déficitaire pour TF1 et France 2.

BFMTV et i>Télé devront donc payer plusieurs dizaines de milliers d'euros pour pouvoir proposer des journées spéciales le 6 juin. Mais selon Puremedias.com, elles ont envoyé vendredi un courrier à l'Elysée pour protester contre le prix demandé. "Pour le moment, rien n'est décidé. Des discussions sont toujours en cours", indiquait lundi BFMTV, contactée par Europe 1. Reste à savoir si les chaînes info obtiendront satisfaction avant le "D-Day".

sur-le-meme-sujet-sujet_scalewidth_460_scalewidth_460 (1)

EN IMAGES - Le "jour le plus long", c'était ça

DÉBARQUEMENT - Hollande prend de l'avance en Normandie