Aurélie Filippetti tend la main à Netflix

Aurélie Filippetti.
Aurélie Filippetti. © REUTERS/Charles Platiau
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LES YEUX DOUX - La ministre de la Culture assure avoir un bon contact avec les responsables du géant de la vidéo de la demande, qui a confirmé qu'il allait s'attaquer au marché français.

Ça se confirme. Netflix en France, c'est pour bientôt. Le géant américain de la vidéo à la demande par abonnement a confirmé au gouvernement qu'il lancerait une offre à destination de l'Hexagone. "La décision de Netflix d'aborder le marché français est prise", a indiqué le ministère de la Culture à l'AFP, alors que des membres de l'équipe dirigeante ont été reçus lundi par Aurélie Filippetti. "C'était une prise de contact", explique la ministre de la Culture dans une interview au Figaro mardi, assurant que "la réunion s'est bien passée".

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Netflix "intéressé par le modèle français". Depuis les premières rumeurs sur la prochaine arrivée de Netflix, Aurélie Filippetti adopte un ton conciliant vis-à-vis du futur nouveau venu, tout en le mettant en garde sur les règles encadrant la distribution des films et séries en France. Une attitude confirmée par ses propos dans Le Figaro. "Netflix m'a semblé intéressé par le modèle français", souligne la ministre. Pour elle, "il n'est pas question de leur fermer la porte mais de les sensibiliser à l'intérêt pour eux de participer à notre écosystème".

Car si Netflix veut proposer des œuvres françaises, il devra se soumettre à la réglementation qui oblige les diffuseurs à contribuer au financement de la création hexagonale. Pour Aurélie Filippetti, "il faut que ce système vertueux puisse aujourd'hui intégrer de nouveaux acteurs de la diffusion et de la production, notamment sur les supports numériques". Une façon de tendre la main au mastodonte Netflix, qui a dépensé deux milliards de dollars en achats de droits audiovisuels en 2013.

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En France ou au Luxembourg ? Cependant, une parade pour Netflix pourrait être de s'installer au Luxembourg, comme l'a fait Apple avec son service iTunes. Cela lui permettrait de proposer ses services au public français, sans pour autant être soumis à la réglementation, et d'échapper à la fiscalité française. Mais entre la France et le Luxembourg, Netflix n'a pas encore arbitré, indique le ministère de la Culture.

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"C'est le principe de libre établissement qui doit prévaloir. Aucune contrainte ne peut s'appliquer pour faire venir chez nous tel ou tel acteur", admet Aurélie Filippetti. "Mais Netflix a vraiment tout intérêt à être coopératif avec le monde du cinéma et de l'audiovisuel français. Il a besoin de contenus locaux pour développer une offre susceptible de plaire au public français. Nous ne sommes donc pas dans une logique de contrainte mais plutôt de gagnant-gagnant".

La pression monte. Très impliquée dans ce délicat dossier, la ministre de la Culture marche sur des œufs. Elle fait face aux inquiétudes des chaînes de télévision, mais aussi de la filière de production audiovisuelle. Lundi, l'Union des producteurs de films (UPF) a écrit à Aurélie Filippetti, lui enjoignant de maintenir la réglementation face à "une concurrence frontale autant que déloyale de groupes internationaux". Des propos qui font monter la pression sur la ministre, en position d'arbitre dans un match qui s'annonce tendu.

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