"En France, un étudiant coûte moins cher qu'un lycéen"

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SAISON 2013 - 2014, modifié à

"La situation budgétaire des universités est structurellement pas bonne depuis de nombreuses années", alarme Jean-Loup Salzmann.

Jean-Loup Salzmann, président de la Conférence des présidents d'université

Ses principales déclarations :

 

La présidente de la fac de Montpellier 3 annonce avoir recours au tirage au sort pour faire le tri parmi les étudiants à accueillir...

"Des filières sont en tension, comme le sport, où l'on ne peut pas mettre plus d'étudiants qu'il n'y a de place. Depuis une dizaine d'années, la méthode de sélection est le tirage au sort. Avant, c'était premier arrivé premier servi..."

Elle explique un trou de 3 millions d'euros dans son budget...

"La situation budgétaire des universités est structurellement pas bonne depuis de nombreuses années. Le standard international : un étudiant coûte plus cher qu'un lycéen. En France, c'est l'inverse ! 12.000 euros pour un lycéen, 10.000 euros pour un étudiant ! Nous essayons de nous débattre avec notre budget, faisons tout pour que nos étudiants n'en souffrent pas : nous rationnalisons l'offre de formation, certaines dépenses de fonctionnement. Il faut savoir que le budget de la nation n'est pas dans les meilleurs termes possibles..."

L'Etat ne met pas suffisamment au pot ?

"Un budget moyen d'université, c'est 200 millions d'euros, dont 80% pour la masse salariale, désormais prise en charge par les universités. L'Etat a voulu faire des économies de bout de chandelles : 1% de 200 millions, c'est 2 millions d'euros..."

 

Ne peut-on pas accepter l'idée que l'université ne peut pas accueillir tout le monde ?

"Avec le gouvernement, nous nous sommes fixés un objectif de 50% d'une classe d'âge au niveau licence. On n'en est qu'à 43% ! Toutes les études montrent que plus on progresse dans les diplômes, moins le chômage est important. Notre responsabilité : que des jeunes se mettent dans des filières sans débouchées. Nous avons deux responsabilités : élever le niveau général de qualification, et mieux orienter les jeunes vers des filières qui ont des débouchées."