"L'indépendance de l'Ecosse va dans le sens de l'Histoire"

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la question qui fâche est une chronique de l'émission Europe matin
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Quels point communs peuvent rapprocher des peuples qui militent pour leur identité, comme l'Ecosse, la Corse, ou la Flandre ? C'est la question posée par Thomas Sotto à Gilles Simeoni, maire de Bastia, en direct d'Edimbourg.

Ce matin à 7h15, Europe 1 recevait Gilles Simeoni, maire de Bastia et conseiller territorial « Femu a Corsica ». Ses principales déclarations : "Le fait que ce referendum se soit tenu, y compris son résultat, montre que l'indépendance de l'Ecosse va dans le sens de l'Histoire." Ici il n'y a jamais eu de lutte armée... On ne peut pas superposer l'Ecosse et la Corse... "Toutes les situations sont différentes, il est important de dire que les peuples se battent pour le respect de leurs droits, leur identité, mais ils le font dans le respect de la règle démocratique. Entre la Corse, l'Ecosse, la Catalogne, il y a un point commun : des communautés historiques revendiquent leurs droits." Ce ne sont pas forcément les partis les plus ouverts aux autres qui réclament l'indépendance : n'y a t-il pas un risque de repli ? "Il y a toujours un risque de repli et d'exclusion a fortiori dans le nationalisme. Mais notre nationalisme est un nationalisme d'ouverture, de tolérance, de démocratie !" L'Ecosse a des ressources, 8 à 10% du PIB britannique, ce n'est pas le cas de la Corse à 0,4%... "Je soutiens l'indépendance en Ecosse mais ma démarche est pragmatique en Corse : nous sommes loin de l'autonomie écossaise depuis 15 ans ! Il faut y aller de façon pragmatique, construire son autonomie, son indépendance, y compris sur le plan économique. C'est ce que nous allons nous attacher à faire dans les années à venir en Corse." Demandez-vous au gouvernement d'avoir le droit d'avoir un référendum d'auto-détermination en Corse ? "C'est naturel ! Le peuple corse existe, personne ne le conteste : il a sa langue, son territoire, son Histoire, sa culture, ses intérêts propres. Mais dans l'Europe en train de se construire, il faut aussi penser à un modèle où peuples et nations sans Etats peuvent trouver leur chemin, leur forme institutionnelle adaptée à leur situation." Une indépendance subventionnée par l'UE ? "Non, je pense que c'est plutôt la dépendance qui est subventionnée aujourd'hui ! La revendication en Corse se construit aussi sur une idée fondamentale : l'émancipation ! Les Corses décideront du statut qui sera le mieux adapté. Pour ma part, un statut de très large autonomie comme depuis 15 ans en Ecosse serait tout à fait satisfaisant pour les années à venir." On prend les avantages, on laisse les inconvénients ? "Je crois qu'on prend les avantages mais qu'on assume les inconvénients ! On avance en construisant un pays moderne, nous aurons besoin de toutes les énergies."