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SAISON 2012 - 2013

Jean-Louis Etienne, l'un des plus grands explorateurs français des temps modernes, va se lancer au cœur de l'Antarctique pour deux ans.

Alors comme ça un français souhaite dériver autour de l’antarctique pendant deux ans ? Un projet complètement fou Yolaine non ?

Certains le connaissent très bien, d’autres seulement de nom voir pas du tout. Jean-Louis Etienne est pourtant l’un des plus grands explorateurs français des temps modernes. Après avoir longtemps fait de l’Himalaya, du Groenland et  de la Patagonie ses laboratoires pour étudier la physiologie en milieu extrême, le natif de Vielmur-sur-Agout vient d’entamer un tout nouveau projet qu’il a dévoilé au grand public il y a maintenant un mois. Dans une station océanographique du nom de  Polar Pod, aux allures d’un navire vertical et équipé d’une nacelle habitable, le scientifique espère pouvoir dériver autour de cet immense glaçon que l’on appelle l’Antarctique (un continent grand comme 28 fois la France et recouvert d’une gigantesque couche de glace de deux kilomètres et demi). Le but n’est bien entendu pas d’y aller pour prendre des vacances, ce qui intéresse vraiment Jean-Louis Etienne, c’est l’océan austral qui grâce à une courroie de transmission réunit l’eau de l’Atlantique, du Pacifique et de l’Océan Indien. Un phénomène étonnant et incompris que les marins appellent les cinquantièmes hurlants.

L’objectif est donc d’étudier cette zone bien précisément ?

Pour Jean-Louis Etienne, ce lieu très venteux est extrêmement important pour l’équilibre du climat de la planète. Tout d’abord car c’est un véritable moteur de la circulation océanographique mondiale, mais aussi parce que les eaux froides de l’océan austral absorbe le gaz carbonique (ce qui fait de cet endroit l’un des principaux puits de carbone sur Terre). Mais si cet océan est aussi méconnu Emmanuel, c’est surtout car c’est une zone très hostile, où chaque année les concurrents du Vendée globe redoutent de passer.

Que lui faut-il pour pouvoir se mettre au travail ?

Pour commencer il lui a fallu convaincre les scientifiques. Mais comme le lui-même Jean-Louis Etienne, « Les scientifiques ont toujours été de mon côté ». Le plus difficile, comme souvent Emmanuel et pour beaucoup de choses, c’est l’argent qui manque pour faire partir l’expédition. Mais l’explorateur français garde un bon espoir de démarrer les travaux pour sa station océanographique d’ici la fin de l’année. Et pourquoi en début 2014, procéder à une mise à l’eau.