Teddy Riner : "Si je ne suis pas à 100% de mes capacités, je suis à 100% dans la volonté"

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L'interview de Thomas Sotto est une chronique de l'émission Europe 1 Matin
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Le champion olympique de judo va tenter d'étoffer une nouvelle fois son palmarès au championnat d’Europe qui a lieu à Montpellier cette semaine. Il répond aux questions de Thomas Sotto.

Ce matin à 7h45, Europe 1 recevait Teddy Riner, judoka, champion olympique, champion du monde, et champion d'Europe.

Ses principales déclarations :

 

Vous vous êtes blessé à l'épaule en tombant dans l'escalier... Comment va cette épaule ?

"Elle va beaucoup mieux ! Se reblesser sur une chute bête, c'est embêtant mais ça a été aussi une alerte pour moi : la rééducation n'est pas finie."

C'est une épaule de futur champion d'Europe en route pour Montpellier ?

"J'espère ! Je me suis préparé pour ça : bonne sensation, bonne reprise sur les tatamis. Il faut que la saison démarre avec une belle médaille."

Vous êtes à 100% ? L'idée est d'aller chercher l'or ?

"Ah oui, l'idée est claire : chercher l'or, monter sur la plus belle marche  du podium ! En tout cas, même si je ne suis pas à 100% de mes capacités, je suis à 100% dans la volonté."

L'objectif, c'est combien de médailles ?

"Avec cette équipe masculine, je dirais 8 ou 9 !"

Et pour vous ?

 

"Moi j'espère en ramener une en individuelle, et surtout une en équipe : ça fait deux."

Ca représente quoi pour vous le championnat d'Europe ? On se dit qu'à votre niveau c'est un peu la Coupe de la Ligue comparée à la Ligue des Champions...

"Ouais, mais je ne sous-estime aucun événement, surtout les championnants ! Ce sont des titres : tout ce qui est pris n'est plus à prendre ! C'est vrai que je mets plus d'entrain dans un championnat du monde : il y a plus d'enjeu. Mais il ne faut pas sous-estimer un championnat d'Europe, surtout à la maison... Ca fait plaisir, c'est toujours bon à prendre."

"Mon poids actuel est de 137 kilos. J'étais pendant toute cette convalescence à 156 kilos."

Comment avez-vous fait pour les perdre ? Musculation ?

"Il y a eu de ça, beaucoup d'efforts, mais surtout j'ai eu les conseils d'une bonne diététicienne."

Ca mange quoi, un Teddy Riner ?

"Des légumes, des féculents, des bonnes crudités, et surtout un bon dessert ! En ce moment, c'est fromage blanc avec des fruits coupés dedans. Quand on est au régime, c'est magnifique !"

Cette blessure est un peu le premier coup dur de votre carrière : vous vous êtes dit que le judo était peut-être fini, que votre carrière était derrière vous ? Ca vous a traversé l'esprit ?

"Ca m'a traversé l'esprit ! Ca a été ma bête noire pendant toute cette phase de rééducation ! Je me posais des questions : vais-je retrouver mon niveau ? Vais-je pouvoir prétendre à d'autres titres ? Vais-je avoir cette envie ? Finalement tout est resté intact : j'ai encore plus les crocs et la dalle qu'avant !"

 

Vos adversaires qui vous imagineraient plus prenable qu'avant, ils se trompent ?

"Dans leur tête, je pense que c'est ce qu'ils se disent ! Dans la mienne, j'ai très très faim, je pense qu'on va devoir remettre les pendules à l'heure !"

Il y a aussi la fatigue... Vous êtes un jeune papa : il vous laisse dormir ?

"Oui, de ce côté-là il n'y a pas de problème, c'est que du bonheur. Il n'y a pas de souci, ça n'empiète pas sur l'entraînement."

Ca peut vous détourner du judo ? La vie de sportif de haut niveau est une vie d'assète...

"C'est vrai ! Mais ça reste quand même ma priorité ; mon sport, ma carrière. Et quand je finis mes entraînements, c'est mon enfant : je ne pense plus qu'à moi, c'est sa petite bouille."

 

Quand vous le voyez : il a une bonne tête de futur champion de judo ?

"(Rires.) Ah, non, il décidera de lui-même !"

Vous rêvez de quoi ? C'est quoi votre prochain gros objectif ?

 

"Si on ne brûle pas les étapes, ce sera les championnats du monde fin août en Russie. Et celui qui me fait rêver et cauchemarder, c'est les JO de Rio !"

Cauchemarder ?

"Oui, on y pense en bon et en mauvais ! On peut rater cet événement, on peut ne pas le rater ! En même temps, ça permet de relativisier, de se dire qu'on a le temps, qu'il va falloir ne pas sous-estimer cet événement, le préparer bien comme il faut."

Vous aurez 27 ans : ce sera votre dernier gros objectif ou vous voyez plus loin ?

"Je vois beaucoup plus loin ! Mais c'est vrai qu'on approchera de la fin de carrière... Mais je mettrais un point d'honneur à prendre une bonne réflexion en 2016 en fonction de la couleur de la médaille pour voir si on se relance pour 2020... Terminer à Tokyo, au Japon, là où le judo a commencé, ce serait une belle histoire."

Pendant ces longs mois sans entraînement, vous avez dû penser à l'après... Vous avez une idée de ce que vous aimeriez faire ?

"J'ai réfléchi à mon après-carrière depuis très jeune ! Je n'ai rien d'arrêté mais je mets le moindre sou de côté, et j'essaie de réflechir à des produits qui pourront péréniser mon avenir. J'aimerais bien faire un bon businessman, un bel homme d'affaires."

Si vous vendez toutes vos médailles, vous êtes à l'abri jusqu'à la fin de vos jours...

"Ah non, ça personne n'y touche, ça reste à la maison !"

Etes-vous vraiment archi fan de Céline Dion ?

"(Rires.) Ouais, j'adore Céline Dion ! En même temps, j'écoute vraiment de tout..."

Vous ne reculez devant aucun défi...

"Allez, propose-moi ton défi ! Je dois chanter ? (Il chante.) I'm Alive ! (Rires.)"

Est-il vrai aussi que vous maitrisez par coeur l'intégrale de Sissi impératrice ?

"Ah oui, bien sûr ! J'ai été bercé avec ça à la maison, avec ma mamie qui n'est plus là, ma mère prend le relais... Sissi, c'est le feuilleton de la famille !"

Vous êtes fleur bleue...

"Les films d'amour, ça me met la larme à l'oeil !"