Raï : "Après le Brésil, je supporterai les Bleus"

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L'interview de Thomas Sotto est une chronique de l'émission Europe 1 Matin
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L'ancien footballeur Raï espère que le Brésil ne croisera pas la route de la France pendant la Coupe du monde.

Invité : Raï, ancien grand footballeur brésilien

Ce matin à 7h45, Europe 1 recevait Raï, ancien grand footballeur brésilien.

Ses principales déclarations :

 

Depuis un certain 12 juillet 1998, il n'y a rien au-dessus de la Coupe du Monde pour les Français. Participer à une Coupe du Monde, ça représente quoi pour un joueur de foot ?

"Vous êtes toujours obligés de rappeler cette date-là pour nous les brésiliens ? (Rires.) C'est vrai que chaque Coupe du monde est un événement particulier au Brésil, le pays bouge, c'est une partie importante de notre culture, de notre identité, et cette fois-ci ça va être encore plus particulier ! On a eu la chance d'être Champions cinq fois, même si on a été battus à la dernière rencontre avec la France...  Je veux voir le Brésil champion du monde, je préfère ne pas croiser la France !"

France-Brésil en finale, vous aurez peur ?

"En finale, demi-finale, quart de finale... Je crois que tous les Brésiliens auraient un peu peur, on a de mauvais souvenirs !"

Vous êtes un peu Français, vous pouvez dire Allez les Bleus, vous avez reçu la Légion d'honneur en décembre des mains de François Hollande...

"Oui, mais depuis que je suis né, j’ai l’impression d’avoir la Légion d’Honneur du Brésil ! (Rires.) Bien sûr j'ai une attention particulière pour la France. En plus l'équipe de France va être hébergée chez moi, là où je suis né... A part le Brésil, je vais bien sûr supporter les bleus !"

 

Allez les Bleus, dites-le...

"Allez les Bleus !"

Quel souvenir gardez-vous du moment où vous soulevez la Coupe en 1994 ?

"Le souvenir fort vient un peu avant de soulever la Coupe ; le moment où on se rend compte, l'arbitre, la dernière action du match qui se termine, il y a tout un film dans ma tête. Dans d'autres victoires, le film qui vient en tête, c'est celui du Brésil, du peuple brésilien, la passion pour cette histoire, le rêve d'enfant quand on est brésilien, dès qu'on est petit on rêve de jouer dans l'équipe nationale, que le Brésil soit champion du monde... En 1994, nous n'avions pas été champions depuis 24 ans, c'est un moment qui a changé le foot brésilien, il s'est libéré."

Cette Coupe du monde à venir provoque aussi des troubles sociaux... Beaucoup de manifestations... Dans ce pays où il y a beaucoup de pauvreté, on dit qu'il faut de l'argent pour les écoles, les hôpitaux, pas pour construire des stades... Vous comprenez ces mouvements de colère ?

 

"Je comprends très bien ! C'est un moment historique, tout un peuple veut s'exprimer, participer à une nouvelle réalité du pays. C'est inévitable : ce qui se passe en ce moment, ce n'est pas à cause de la Coupe du monde ! Indépendamment de la Coupe du monde, on aurait des mouvements sociaux. C'est un moment à part du foot, mais l'Histoire a voulu que les deux moments se passent en même temps : ce sera encore plus chaud, un peu plus tendu, avec un peu plus de risques. Ce sont des choses qu'on ne peut pas empêcher. La Coupe du Monde, il y a bien sûr beaucoup de dépenses, il y a eu des erreurs d'organisation : ça va toucher aussi la Coupe du Monde mais je suis sûr que ça ne va pas gâcher la grande fête qui va avoir lieu."

Michel Platini a dit que ce serait bien de dire aux Brésiliens d'attendre un mois avant de faire des éclats sociaux.... Que ce serait bien pour le Brésil et la planète foot... Ca créé une polémique dans le monde du foot français. Comment cette phrase a-t-elle été accueillie au Brésil ?

"Ça a été un peu polémique aussi : des gens étaient d'accord, mais la plupart pas trop..."

 

Il a dérapé, il aurait mieux fait de se taire ?

"Chacun a son opinion, il parle depuis son siège de l'UEFA, peut-être qu'il fait son boulot, il essaie de calmer les choses... Il ne parle pas du siège d'un hôpital avec des gens dans la couloir..."

Vous avez été la première star internationale à rejoindre un club français, le PSG. Vous y reverra-t-on ? En tant qu'entraineur ? C'est un de vos rêves ?

 

"Ce n'est pas encore un de mes rêves mais, déjà, si un jour je veux être entraîneur, les clubs de São Paulo et Paris seraient les premiers à qui j'en parlerais... Mais c'est encore loin d'arriver ! Je n'y pense pas pour l'instant. Mais si un jour ça arrivait, ça me ferait plaisir de faire partie de l'histoire du club encore une fois !"

Zidane se demande s'il va devenir entraîneur... Un excellent joueur fait forcément un bon entraîneur ?

"Pas forcément ! D'autant que la plupart des grands joueurs n'ont pas été de grands entraîneurs... Zidane, je le vois avec un bon œil : il se prépare, il a envie je crois, il a déjà exprimé sa volonté d'être au bord du terrain, de sentir l'émotion. Il est parti au Real Madrid, on le voit à côté de l'entraîneur, du staff technique. Ce n'est pas une envie qui l'a pris du jour au lendemain ! Le fait d'être un génie du foot comme il était ne fera pas forcément de lui un bon entraîneur : je crois qu'il se prépare pour de nouveaux défis, je le vois d'un super bon œil."

Et rejoindre l'équipe d'Europe 1 pour la Coupe du monde ?

"Ce serait un grand plaisir ! J'admire tout ce que vous faites, ce serait un grand plaisir d'être avec vous pendant la Coupe du monde !"

Je vous prends au mot ! Vous serez avec nous à partir du 12 juin !

"Ok !"