Nicolas de Tavernost : "Si le CSA autorise notre chaine de télé-achat, nous créerons immédiatement 300 emplois"

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L'interview de Thomas Sotto est une chronique de l'émission Europe 1 Matin
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Nicolas de Tavernost pour M6, Nonce Paoloni pour TF1 et Bertrand Méheut pour Canal + interpellent la ministre de la culture sur leur situation financière.

Ce matin à 7h45, Europe 1 recevait Nicolas de Tavernost, président du directoire de M6. Ses principales déclarations :  Google, Netflix : que demandez-vous à la ministre de la Culture ? "C'est un peu comme Monaco dans le championnat de France de football ! Quand vous avez un adversaire ou un concurrent qui ne paie pas de taxes ou de charges sociales, vous avez un problème. Nous demandons simplement d'avoir un niveau d'obligations et de taxes en télévision qui soient à peu près les mêmes que ceux qui opèrent en France sur les plateformes vidéo. Ce n'est pas contre Google et Netflix, simplement une égalité notamment en matière de taxe." C'est une manière de demander une baisse de taxes... "C'est une façon de demander une absence de hausse ! Je rappelle qu'entre 2008 et 2013 un groupe comme M6... Nous avons payé l'an dernier 160 millions d'euros de taxes, 50 millions de plus qu'en 2008 : il faut que ça s'arrête. Là aussi ça doit être dans le pacte de responsabilité : on ne peut pas avoir une hausse continue des taxes de toutes natures, soit des taxes sectorielles pour la télévision, soit des taxes normatives comme l'impôt sur les sociétés." Vous êtes prêt à prendre des engagements chiffrés ? "Je vous donne un exemple. Si le CSA nous donne une autorisation de créer une chaine de télé-achat en France, nous créerons immédiatement 300 emplois et nous pourrons monter à 600 emplois. Nous en prenons la responsabilité, noir sur blanc. Nous pouvons les mettre d'ailleurs dans des endroits tout à fait délocalisés : 300 emplois qui pourront monter à 600, plus que Petroplus ! Ce pacte de responsabilité, nous sommes prêts à le prendre en échange d'une autorisation administrative qui ne coûte rien. Une chaine sur la TNT gratuite : c'est très développé, 1,2 milliard en Angleterre et Allemagne, 250 millions en France. Il y a une réserve, un gisement d'emplois, nous l'avons dit aux pouvoirs publics." Vous disiez que le gâteau publicitaire n'était pas extensible, qu'il ne fallait peut-être pas rajouter les 6 nouvelles chaines de la TNT gratuite... Et vous voulez en rajouter une... "Le télé-achat n'est pas une chaine mais un service : pas de pub, pas d'audience mais un service rendu au téléspectateur qui peut commander ce qu'il voit à la télévision." Vous demandez que Paris Première passe sur la TNT gratuite... "Nous le demandons car la loi autorise cette demande depuis novembre 2013. C'est une chaine dans une offre assez spécifique, culturelle ; la patronne d'Arte s'inquiète, c'est bon signe pour la qualité de nos programmes. Elle est payante aujourd'hui, nous demandons qu'elle passe gratuite pour le plus grand nombre. Paris Première est reçue par 1/3 des Français, nous demandons qu'elle le soit par la totalité des Français." Le gâteau publicitaire n'est pas extensible, il va y avoir des morts ? LCI aussi demande son passage sur le gratuit...  "Nous disons que nous n'avons pas ouvert les vannes de la multiplication des chaines, on nous a assez reproché notre frilosité ! Les pouvoirs publics ont décidé d'élargir l'offre de la TNT : nous avons une chaine dans une catégorie spécifique qui s'adresse aux CSP+, elle a une place. Elle n'a plus d'avenir sur la TNT payante, il n'y a plus de TNT payante." Vous dites comme Nonce Paolini et LCI : si Paris Première ne passe pas en gratuit, elle disparaitra ? "Nous serons au moins deux à dire la même chose ! Le CSA sera convaincu je pense de donner à Paris Première sa chaine gratuite. Il arrive que nous soyons d'accord avec Nonce Paolini !" Qu'apporterait Paris Première ? Il faut faire de l'audience, les chaines de la TNT proposent des programmes qui se ressemblent... "Paris Première propose des programmes différents, les Français qui la reçoivent le savent ! Spectacles vivants, humour... Des éditorialistes... Paris Première a une offre spécifique et particulière dans le PAF, elle mérite de se développer. Elle existe depuis 27 ans : au titre de l'ancienneté, elle devrait avoir priorité sur les offres gratuites en France." Vous avez des indications du CSA sur LCI, Paris Première ? "On nous a dit de déposer un dossier : il est complet, on a fait une étude d'impact tout à fait positive. Je ne doute pas que le CSA regarde avec beaucoup d'attention et d'efficacité une offre supplémentaire." En off, on vous a dit que ça allait passer ? "Le président du CSA et les conseillers sont suffisamment prudents et surtout impartiaux pour ne pas nous donner d'indications à l'avance !" Hier M6 a présenté ses résultats : chiffre d'affaires stable, recettes pub inchangées... Ça va pas trop mal ? "On est obligés de se battre tous les jours et on a gagné des parts de marché ! C'est notre métier mais le marché n'a pas été bon, -4%. Il faut que le marché reprogresse, un dynamisme commercial à redonner, et nous devons être bons dans les programmes, faire une offre qui plaise au public." Les audiences ont reculé de -0,6% sur un an, sur M6... "Non je crois que c'est -0,2. Sur le plan commercial, l'audience des moins de 50 ans, cible prioritaire de M6, est une audience qui a confortablement performé." Il y a quand même eu un petit coup de mou... "En 2012, il y a eu le record, notamment du fait de l'euro. Nos grandes marques ont bien fonctionné, nous n'avons aucune inquiétude, janvier est reparti à la hausse." Vous êtes déçu des résultats de Top Chef ? "Non nous ne sommes pas déçus des résultats de Top Chef mais il est vrai que la cuisine est une vertu assez partagée à la télévision, il est normal qu'il y ait une usure. Mais je ne doute pas que ça va repartir : Top Chef n'est pas fini, il y a une concurrence très forte comme les JO en ce moment, il y a des marques qui vont et viennent, ça nous arrive." Pas de phénomène d'usure de certains programmes ?  "Bien sûr il y en a, mais il y a des programmes qui existent depuis 25 ans et qui marchent extrêmement bien, et des phénomènes qui montent comme l'Amour est dans le pré, le 12:45, le 19:45 ne s'est jamais aussi bien porté, Scènes de ménages à 20h c'est un carton absolu tous les soirs. C'est la vie de la télévision." Ne manque t-il pas le souffle qu'il y a longtemps eu à M6 dans l'innovation ? "On nous demande tous les jours quand Mme Cordula va présenter un programme : elle va présenter un programme le week-end sur la couture ! C'est de l'innovation ! La couture redevient très à la mode, avec un essor fantastique des ventes de machine à coudre. Je vous garantis qu'elle fera un grand succès sur M6." Il y aura des gros changements sur la grille de rentrée ? "Oui, il y aura des changements. Il y a une émission très attendue, Rising Stars, qui va arriver au deuxième semestre." Pour concurrencer The Voice ? "Pour concurrencer tout le monde ! Nos concurrents sont partout. Un grand jeu interactif "Qu'est-ce que je veux vraiment" va arriver dans deux semaines, tout le monde pourra jouer avec sa tablette : c'est de l'innovation, un jeu de culture générale avec des étudiants, ce sera très amusant. Il y a des innovations sans arrêt sur nos différentes chaînes, pas seulement sur M6."