"Les entreprises veulent un cadre compétitif"

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L'interview de Thomas Sotto est une chronique de l'émission Europe 1 Matin
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"Nous portons trop de charges sociales. Si la France veut une économie qui embauche, elle doit libérer le carcan qui pèse sur les entreprises", estime Stanislas de Bentzmann.

Stanislas de Bentzmann, président de CroissancePlus et cofondateur de Devoteam

Ses principales déclarations :

A propos du pacte de responsabilité. Allez-vous jouer le jeu du cotiser moins pour embaucher plus ?

"En tout cas, c'est la volonté de la très grande majorité des entreprises de ce pays. Nous avons besoin d'un cadre compétitif, on l'attend. Nous portons trop de charges sociales, d'impôts, de rigidité. Si la France veut une économie qui marche et qui embauche, elle doit libérer le carcan qui pèse sur les entreprises."

 

Combien d'embauches possibles si on vous baisse les charges ?

"Ce qu'a proposé l'ensemble des organisations patronales, c'est de s'engager sur 1 million d'emplois supplémentaires, on a parlé de 3 à 5 ans. Mais on ne sait pas ce que va proposer le Président, s'engager sur quoi que ce soit sans avoir les détails..."

"Les entreprises ne demandent pas de cadeau mais un cadre compétitif par rapport aux belges, aux autrichiens, ces pays au chômage bas. Faisons un cadre compétitif comme ces pays et nous aurons le même résultat qu'eux !"

 

Ca ne revient pas à embaucher des bas salaires ? Il faut aller au-delà que baisser les charges sur les bas salaires ?

"Les baisses de charges ont eu lieu jusque-là sur les bas salaires. On favorise l'inverse de ce qu'on veut : favoriser l'emploi peu qualifié. On en a besoin ! Mais on le doit faire sur tous les salaires : c'est ce cadre-là qui va donner aux entreprises la capacité de réinvestir, ce qui permettra le développement des entreprises et l'embauche."

"Il faut baisser massivement la dépense publique, un immense gaspillage qu'il faut réformer. Le gouvernement pourra alors baisser le coût du travail globalement, et rendre les Français compétitifs : ce poids nous rend incapables de gagner des parts de marché à l'international."

On a déjà baissé le coût du travail, ça n'a pas réglé le problème du chômage...

"Les entreprises françaises paient 120 milliards d'euros d'impôts, de charges, de plus que les entreprises allemandes ! C'est le chômage massif de ce pays ! Travaillons dans les mêmes conditions que nos concurrents principaux."

Faut-il accepter une baisse des prestations sociales ?

"On peut très bien avoir un système social qui marche comme l'Allemagne, l'Autriche, la Hollande, et baisser les charges ! Leur système social est au moins aussi performant que le nôtre. Il y a énormément de gaspillage en France ! On critique l'Allemagne sur les jobs à quelques euros. On préfère le RSA ? Nous faisons de mauvais choix. Ce chômage de masse est le cancer de notre société. Donnons sa chance à l'économie française, à nos entreprises."

"Il faut accepter ce que la Cour des Comptes dit chaque année : lutter contre les gaspillages ! On ne peut pas accepter ces milliards gaspillés qui tuent l'économie française."

 

Le fait que le Medef soutienne ce projet du Président est inquiétant pour les salariés ?

"Le Medef représente les entreprises de France. Entreprises et salariés ne sont pas opposés, c'est une vieille idée, nous sommes ensemble ! Les entreprises, c'est un écosystème avec des clients et des salariés."

Vous prenez la main tendue par le Président ?

"Bien sûr ! C'est le moins que l'on puisse attendre de notre gouvernement : qu'il s'intéresse à ce problème majeur qui est de savoir comment fonctionne notre économie, comment les entreprises réussissent à se développer pour embaucher."