"L'UE ne fonctionne pas, seul le FN peut changer ce modèle"

  • A
  • A
L'interview de Thomas Sotto est une chronique de l'émission Europe 1 Matin
Partagez sur :

"Le Front National est la seule force politique capable de rompre avec l'idéologie dominante", assure Aymeric Chauprade.

Aymeric Chauprade, géopoliticien, future tête de liste FN aux élections européennes en Ile-De-France

Ses principales déclarations :

"Je pense depuis longtemps à me lancer en politique. Le pays va très mal. Pour moi, seul le FN peut aujourd'hui rompre avec un modèle qui ne fonctionne pas : l'Union Européenne, l'immigration massive, l'hyper endettement, la désindustrialisation. Le FN et Marine Le Pen sont pour moi les seules forces capables de rompre avec l'idéologie dominante."

Vous avez été privé de votre chaire après des écrits sur le 11 septembre...

"Je suis très heureux que vous en parliez, c'est une affaire intéressante du point de vue du droit, un professeur de réputation internationale viré du jour au lendemain, faisant condamner cette décision devant les tribunaux."

Pour vous, le 11 septembre, ce n'est pas Ben Laden, pas Al Qaida ?

"Je suis un enfant de l'école républicaine, on m'a appris l'esprit critique, je suis un scientifique, je cherche à comprendre. Quand il y a des choses douteuses dans une version officielle, je me pose des questions. Je ne suis pas sûr, je propose diverses versions, je ne conclut pas."

 

Marine Le Pen est à l'aise avec votre position ?

"Le programme du FN, ce n'est pas le 11 septembre ! C'est un domaine particulier de la géopolitique, mais c'est important de connaître la vérité quand on veut comprendre le monde. Important aussi de savoir que l'affrontement des représentations sur un même événement peut être différent dans le monde. Dans le monde arabe ou en Russie, on n'a pas les mêmes versions concernant le 11 septembre, c'est ce que j'avais voulu montrer dans mon ouvrage."

On a l'impression d'un FN de l'intérieur, de l'extérieur. On dédiabolise à l'intérieur, et à l'extérieur on discute avec le FPO en Autriche. Le 14 novembre, réunion de travail à Vienne avec 6 partis d'extrême-droite, dont le FN. Vous confirmez qu'il y avait bien un élu FN ?

 

"J'étais présent moi-même. Je remets en question le terme d'extrême droite, c'est vous qui..."

Certains de ces partis l'assument...

"Non, aucun ne l'assume. Ce sont des partis populistes, populaires qui cherchent à remettre en cause un modèle qui ne fonctionne pas. Le FN, dans une optique de développement européen et international, noue des alliances, ce qui est bien normal."

Vous êtes à l'aise avec le FPO ?

 

"Le FPO n'a pas particulièrement défrayé la chronique ! C'est un parti parfaitement légal."

Les députés FPO ont porté un bleuet à la boutonnière, rappel de ce qu'ont fait les pro-Hitler en 1933... C'est très net !

"Ce n'est pas net du tout, parce que le bleuet n'était absolument pas lié à Hitler. Ça c'est vous qui le dites... Il faut sortir du cliché qui consiste à penser que, dès qu'il y a un parti populiste dans le monde germanophone, c'est un parti néo-hitlérien. C'est ni vrai pour l'Allemagne ni pour l'Autriche : ils vont être attaqués sur ce préjugé..."

Il suffit de lire la biographie de Jörg Haider...

"C'est Heinz-Christian Strache qui dirige le FPO..."

Marine Le Pen a rencontré Geert Wilders le 13 novembre, ouvertement islamophobe... Vous assumez ?

"Non, pas du tout ! C'est la spécificité de son parti, très centré sur la question de l'Islam. Ce n'est pas l'identité du Front National qui compte en son sein des musulmans, qui ne stigmatise pas les musulmans. Mais qui en revanche lutte contre l'islamisation de la France."

Ceux qui vont voter FN aux européennes vont voter pour que leurs élus aillent dans un groupe parlementaire qui regrouperait ces gens-là ?

"Ils vont d'abord voter pour une plateforme, celle du FN."

Le FN sera t-il dans ce groupe parlementaire ?

 

"Nous sommes effectivement en train de constituer un groupe avec des partis qui ne sont ni racistes ni antisémites, qui sont des partis politiques véritablement populistes et qui cherchent à remettre en cause le modèle..."

"Geert Wilders, nous entretenons de très bonnes relations avec lui, nous ne sommes pas d'accord avec lui sur un certain nombre de points, notamment sur la question du positionnement par rapport à l'islam. En revanche, nous nous retrouvons sur la question de l'Union Européenne qui est centrale ! C'est cette question, je le répète, qui fait souffrir les Français, qui cause la désinstrualisation qui ruine notre économie et cause le chômage massif."