"Un moment-clé dans l'histoire d'EDF"

SAISON 2013 - 2014
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    Un contrat historique a été signé entre EDF et l'Angleterre. Avec deux réacteurs validés pour l'instant, "ce n'est qu'une première étape" selon Henri Proglio.

    Henri Proglio, PDG d'EDF

    Ses principales déclarations :

     

    Deux EPR, y'en aura t-il d'autres ?

    "Oui, le programme prévoit entre 4 et 5 réacteurs, la première tranche, les deux premiers, en Angleterre, fait l'objet du contrat dont on parle aujourd'hui. C'est la première étape."

     

    EDF est déjà endetté, pouvez-vous répondre à un tel défi industriel ?

    "Deux petites remarques : EDF est la société la moins endettée de son secteur d'activité, elle dispose du ratio d'endettement le plus faible, 2. Ensuite, ce projet ne pèsera pas sur le bilan d'EDF car nous avons des partenaires. Nous intègrerons ce projet par mises en équivalence. On mettra de l'ordre de 45 à 50% des 6 milliards de livres à peu près de fonds propres."

    Est-il vrai que d'autres partenaires pourraient investir 15% ?

    "Absolument."

    Des pays arabes ?

    "Je ne dévoilerai pas le nom des partenaires, nous sommes en discussion."

    Ca progresse ?

    "Absolument. Ca pourrait être [des pays arabes] mais ce n'est pas exclusif."

     

    François Hollande vous a félicité pour cet investissement historique ?

    "Oui, bien sûr, il a été très conscient de l'importance du sujet."

     

    David Cameron exulte, il espère 25.000 emplois. Et les Français ?

     

    "Cet investissement considérable donne du travail à toute la filière nucléaire française pour les 10 ans qui viennent. La filière représente 400.000 emplois, on va sans doute en créer entre 5 et 10.000 de plus, mais il donne un carnet de commande à toute la filière pour les 10 ans qui viennent."

    Est-ce rentable ?

    "La réponse est oui. Le prix total des deux EPR en Grande-Bretagne est de 19 milliards. Le projet est rentable. On a prévu un taux de rendement de 10% de l'investissement sur l'ensemble de l'investissement."

    Ce succès va pouvoir déclencher de nouvelles commandes ?

    "Il installe l'EPR dans le monde du nucléaire avec succès."

    En Angleterre, le prix de l'électricité va doubler. Pourquoi du nucléaire si c'est plus cher ?

    "Le sujet est beaucoup plus complexe, il faudrait du temps pour l'expliquer. Le prix de l'énergie, aux horizons 2030-2050 sera très significativement supérieur aux prix actuels. Le pari des britanniques après de longues études est que le nucléaire sera compétitif : il assure une production continue et non pas aléatoire ou intermittente, et le prix des énergies sera plus élevé dans 30 ans. Il y a clairement des avantages."

    Le nucléaire n'est pas bon marché...

    "Aucune énergie n'est bon marché ! Le nucléaire sera compétitif, il n'est pas exclusif. EDF n'est pas que nucléaire, nous déclinons l'ensemble des compétences nécessaires pour un mix énergétique diversifié mais le nucléaire sera compétitif. Cet accord porte sur 35 ans."

    "Les Français continueront à avoir les prix les moins élevés d'Europe en 2030 et 2050 en faisant confiance à EDF. Je m'y engage."

     

    Les prix vont-ils augmenter cet hiver ?

    "Non. C'est sûr."

    En cas de besoin, qui fournira de l'électricité à EDF ?

    "EDF est autosuffisant, nous n'avons pas de besoins extérieurs, aucune inquiétude à cet égard."

    Une victoire des travaillistes en 2015 remettrait en cause le projet ?

    "Certainement pas, c'est un projet lancé par les travaillistes et repris par les conservateurs, il transcende les partis politiques."

    Le nucléaire a un bel avenir ?

    "Je le dis, je l'ai toujours dit : le nucléaire a un bel avenir dans le monde. Les convictions techniques et économiques me font le dire, ainsi que les orientations de beaucoup de pays : Grande-Bretagne, Europe centrale, pays asiatiques, Amérique Latine, Moyen-Orient."

    Bel avenir partout sauf en France ? On pourrait déconstruire et démanteler...

    "Le sujet a été traité, le nucléaire a un avenir en France. Le gouvernement a décidé de maintenir à 50% la part d'énergie nucléaire dans l'alimentation électrique du pays, ce n'est pas rien"

    On n'est pas pressé de fermer Fessenheim...

    "Le rapport avec Fessenheim n'est pas direct."

    Le gouvernement devrait accepter de prolonger la durée de vie des centrales de 10 ans. Une manière d'aider à financer le coût de la transition énergétique ?

    "Le sujet est à l'ordre du jour, le sujet de l'amortissement de la durée de vie du parc nucléaire de manière à ce que les investissements considérables puissent être fait. Ce n'est pas une manière d'optimiser les comptes d'EDF, c'est une mesure qui a vocation à être économique."

    10 ans de plus, ça vous va, à EDF ?

    "Absolument"

    Si l'autorité de sûreté nucléaire dit non, entre 2020 et 2030 5 à 6 réacteurs ne produiraient plus, un déficit difficile à compenser...

    "L'autorité de sûreté nucléaire garde son indépendance, elle peut à tout moment arrêter un réacteur, décider que les durées de vie puissent même être raccourcies ! C'est la liberté."

    Des habitants de plusieurs communes normandes s'estiment surfacturés par EDF...

    "Ils ont été entendus, le sujet est en cours de traitement, ils seront tous remboursés individuellement."

    L'Elysée vous a alerté ?

    "Non."

    Vous êtes candidat à votre succession, vous faites campagne ?

    "Je ne fais aucune campagne, ce n'est pas mon habitude, ni ma profession."

    Ca viendra tout seul ?

    "On verra bien."

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