"Le Front républicain n'a pas de réalité"

SAISON 2012 - 2013
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    Jean-François Copé ne croit pas en la notion de consignes de vote des partis et en appelle à la responsabilité des partis.

    Les principales déclarations de Jean-François Copé, président de l'UMP :

     

    La victoire du candidat UMP à Villeneuve-sur-Lot, un "avertissement sérieux" avez-vous dit...

    "Pour une raison très simple : c'est la 8ème élection législative partielle que la gauche perd, c'est pour elle un sérieux avertissement naturellement, mais c'est aussi la présence du FN au 2ème tour, l'absence du PS, qui montre qu'il y a en France l'expression une indignation, une colère, d'une très grande inquiétude. J'ai eu souvent l'occasion de dire que, par rapport à cela, c'est nous, nous la droite républicaine, ce grand parti de droite et du centre qu'est l'UMP, qui doit construire les réponses d'avenir."

     

    C'est aussi une défaite idéologique et politique pour la droite...

    "Non non... Je veux bien qu'on soit dans l'auto-flagellation : c'est la huitième fois que l'opposition gagne une élection législative partielle, l'UMP la gagne pour la 7ème fois, c'est la victoire de Jean-Louis Costes, député UMP, malgré que tout le monde ait expliqué que le Front National allait gagner... Je propose qu'on remette les choses à leur juste proportion..."

    Vous notez qu'il y a un report de voix au 2nd tour qui profite au FN... Vous le reconnaissez...

    "Bien sûr ! C'est la raison pour laquelle je dis depuis bien longtemps que le Front républicain est une notion qui n'a pas de réalité ! Ce sont des électeurs de droite mais aussi de gauche traditionnelle qui ont voté pour le candidat du Front National, ceci expliquant le score élevé du FN..."

    Les consignes n'ont pas été écoutées...

    "D'une manière générale, je n'ai jamais beaucoup cru à la notion de consigne... Les Français votent comme ils le souhaitent. Simplement nous sommes là pour faire des recommandations..."

    Ce matin, vous dites : le front républicain est mort, c’est feu le front républicain?

    "Je n'y ai jamais cru, vous savez..."

    Vous le dites...

    "Bien sûr je le dis ! Je vais même au-delà : ce qui me parait très important maintenant, c'est que chacun comprenne bien les différences entre les différents partis. Le PS et l'UMP, ce n'est pas pareil. La meilleure preuve, c'est que le PS, aujourd'hui, est sévèrement désavoué par rapport à la politique qu'il conduit. Quant au FN : le Front National, ce n'est pas pareil que l'UMP. La meilleure preuve, c'est que nous avons toujours été clairs, que nous le serons toujours, sur le refus d'alliances électorales avec le Front National."

     

    Le Front républicain ne peut pas être une stratégie nationale, vous dites comme Alain Juppé...

    "Bien sûr ! Je le dis depuis longtemps !"

    Quelle stratégie peut être employée ?

    "Il ne faut pas se précipiter. Je pense que reconquérir le cœur des Français, pour un grand parti comme l'UMP qui a été désavoué l'année dernière, ça ne se fait pas en claquant des doigts. Ca doit se faire étape par étape, car on doit trouver notre chemin de crédibilité et de confiance dans le rapport aux Français. Ce chemin commençait par une première étape : l'UMP rassemblée. Elle l'est désormais puisque les militants vont se prononcer cette semaine sur nos nouveaux statuts et sur le fait qu'il n'y aura pas d'élection anticipée. S'ils répondent deux fois oui aux deux questions que nous posons, il n'y aura pas d'élection anticipée, je poursuivrai jusqu'à son terme mon mandat avec l'ensemble de notre équipe. C'est la première étape, elle est, si j'ose dire, pour une bonne part, franchie."

    "Il y a une deuxième étape : avoir une ligne politique. Qu'elle soit claire."

    Elle n'est pas assez claire, vous le dites vous-même...

    "Je dis surtout qu'elle se construit jour après jour. Celui qui prétend, au lendemain de la défaite si sévère que nous avons subi l'an dernier, être capable, du jour au lendemain, de vous dire : "Ca y est, on n'a rien vu, on n'a rien fait", c'est une erreur."

    Tiendrez-vous une ligne sans alliance, sans passerelle de quelque nature que ce soit, avec le FN ?

    "C'est parfaitement clair. La meilleure preuve : nous avons exclu, la semaine dernière, un conseiller général UMP qui ouvertement s'engageait au FN. Pour une raison très simple : au-delà des différences historiques entre FN et UMP, au-delà des différences de valeurs... Il y a une réalité. L'UMP est un parti de gouvernement, qui a vocation à gouverner pour la France. Le Front National n'est pas un parti de gouvernement : c'est un parti qui est le réceptacle, on le sait bien, des exaspérations et des colères. Quand le Front National propose quelque chose, malheureusement ça ne marche jamais ! Sortir de l'euro pour revenir au franc ? Fermer les frontières ? Nationaliser l'économie ?"

    Le principal ennemi, c'est le Front National ?

    "Non, le principal ennemi, c'est le chômage, la crise, la montée de la violence, de l'insécurité, de toutes les formes d'intégrisme et d'extrémisme. C'est pour combattre cela que l'UMP se reconstruit. C'est d'ailleurs pour cela que j'ai parlé à plusieurs reprises d'un grand parti de droite et du centre qui soit décomplexé. Je voudrais profiter, si vous le permettez, pour vous dire ce que c'est."

    "Une droite décomplexée, c'est trois choses : un, une droite qui assume un message d'autorité, deuxièmement, c'est aussi un message de courage sur les questions économiques. Baisser les impôts, les dépenses inutiles, les charges, les réglementations ; donner de l'énergie, libérer ceux qui ont envie de créer, d'investir, d'embaucher, de travailler..."

    "Et le troisième point : avoir un pays généreux socialement, mais sans assistanat ! Ces trois éléments sont les trois fondamentaux de ce que j'appelle un grand parti de droite et de centre décomplexé..."

    Pas de rapprochement idéologique avec le FN...

    "Ni idéologique, ni électoral. Je sais les caricatures qui ont été faites sur ce que je viens de vous dire là, ce que j'ai appelé la droite décomplexée. C'est pour cela aussi que, maintenant que les choses sérieuses commencent, le temps est venu pour chacun de comprendre que je n'accepterai pas ni personne qu'on caricature ce message. Nous, nous sommes bien au clair, évidemment que ce pays a besoin d'être clair sur l'autorité, le courage économique, la générosité sociale sans assistanat..."

    Vous ne dites pas : l'adversaire, c'est le Front National...

    "Nous avons, par définition en politique, des adversaires qui sont ceux avec lesquels nous ne nous allions pas électoralement. C'est à dire ni la gauche ni le Front National..."

     

    On reste dans le ni, ni...

    "Vous voulez que je vous dise quoi ? Que l'on va faire une alliance avec la gauche qui est en train de mettre le pays dans une situation d'étraglement économique ?"

    Non, mais que vous inventiez une stratégie plus efficace...

    "Ecoutez, je ne sais pas si elle n'est pas efficace, nous verrons bien... Nous avons gagné pour la 8ème fois une élection législative partielle, nous gagnons les cantonales partielles... Je crois quand même que cela est aussi et surtout un sérieux avertissement pour François Hollande... Il a dit au Qatar, puisqu'il est allé au Qatar, qu'il allait tirer les enseignements de tout cela. J'espère qu'il ne va pas se tromper ! Que les enseignements qu'il veut tirer, ce n'est pas remettre du scrutin proportionnel pour faire rentrer le FN, pour être bien sûr de pouvoir se refaire une bonne santé..."

    Arnaud Montebourg s'en prend à José Manuel Barroso... Doit-il revenir sur son propos ou être désavoué par Hollande & Ayrault ?

    "Arnaud Montebourg, ce propos-là, comme d'autres qu'il peut tenir régulièrement, illustre les raisons qui expliquent l'échec de ce gouvernement... Ils sont en contradiction permanente, c'est le grand écart, on va chercher tout le monde à la fois... On fait dans le populisme de gauche, puis on fait un petit bout de hausse d'impôt qui s'ajoute aux autres hausses d'impôt..."

    Les couacs avaient diminués...

    "Je ne sais pas, je n'ai pas vérifié, je ne suis pas le Richter des couacs, mais ça n'arrête pas, c'est incompréhensible..."

     

    Montebourg peut-il rester ?

    "Je ne fais pas les castings gouvernementaux. Ce gouvernement a un énorme problème de cohérence. Ce qui m'importe, c'est que ça aille mieux pour la France. Que voit-on ? On voit un gouvernement qui, dès qu'il est confronté à une grande réforme, se heurte à de telles contradictions internes qu'il ne peut plus la faire. On a un chantier énorme qui s'appelle les retraites, regardez comme il est d'ores et déjà saboté par des contradictions, des reculs, et donc on risque de ne pas la voir venir !"

    Vous dites que la réforme Ayrault ne sera pas une grande réforme des retraites ? Déjà ? Attendez...

    "Je m'en inquiète ! A partir du moment où l'on dit qu'on ne touchera pas à l'âge légal de la retraite, qu'on ne veut pas rapprocher le régime des fonctionnaires du régime général, ça veut dire qu'il reste quoi ? Les hausses d'impôts et de cotisations ? Voilà qui m'inquiète pour le pouvoir d'achat des Français, notamment des retraités."

    A propos de l'affaire Tapie : voyez-vous un objectif politique, déstabiliser et atteindre Nicolas Sarkozy ?

    "Je ne veux pas l'imaginer ! Effectivement, il y a beaucoup d'agressivité à l'endroit de Nicolas Sarkozy, beaucoup trop... Tout cela n'a plus rien à voir avec l'idée que je me fais du respect républicain. Il faut distinguer deux choses : ce qui relève du travail de la Justice, et elle doit travailler en toute sérénité, et ce qui relève des interprétations et commentaires politiques, qui effectivement n'ont plus rien à voir avec l'action que doit mener la Justice en toute indépendance..."

    Un arbitrage décidé à l'Elysée dans l'antichambre présidentielle, ça ne vous choque pas ?

    "Je n'en sais rien. Pour tout vous dire, je ne connais rien de cette affaire. C'est la raison pour laquelle je propose qu'on laisse la Justice travailler..."

    Un nouveau duel monte : Fillon-Sarkozy. Pouvez-vous les réconcilier avant qu'il ne soit trop tard ?

    "Je n'en sais rien... La seule chose que je peux vous dire, c'est qu'on est aujourd'hui à travailler à la réconciliation, que la famille UMP est rassemblée, parce que c'est pour la France. Nous avons un rendez-vous qui s'appelle les élections municipales, dans un an, ce sera un test tellement important de suffrage universel, ça doit l'emporter sur tout le reste compte tenu de la gravité de la situation de la France."

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