François Bayrou : "Les municipales, un enjeu local, pas national"

SAISON 2013 - 2014
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    "Ce n'est en rien une opération de politique nationale, c'est un enjeu pour une ville qui cherche son avenir.", explique François Bayrou à propos de l’élection municipale de Pau.

    François Bayrou, président du MoDem.

    Voici ses principales déclarations :

    Désormais installé à Pau et en campagne à Pau...

    "J'ai toujours été installé à Pau. Maintenant, j'y passe tout mon temps."

    Oui, mais sans les caméras...

    "Et sans les journalistes."

    On veut éviter les questions qui dérangent ?

    "Pas du tout. Ça n'est pas un enjeu national, c'est un enjeu local."

    A qui voulez-vous faire croire que c'est une élection locale ?

    "Eh bien, à vous, j'espère."

    Non !

    "J'espère que vous m'entendrez, que vous m'écouterez. Ce n'est en rien une opération de politique nationale, c'est un enjeu pour une ville qui cherche son avenir."

     

    Est-ce que je peux d'abord vous souhaiter la bienvenue ?

    "Et je resterai sur cette ligne sans en bouger d'un millimètre."

    Vous l'avez entendu sur le journal d'Europe 1, en février 2011, pendant la campagne des primaires, François Hollande a été opéré dans le plus grand secret à l'hôpital Cochin. Votre réaction ?

    "La réaction, c'est l'étonnement devant l'emballement. Il doit y avoir dans ces affaires une règle très simple : ou bien c'est sans aucune conséquence sur la santé et là, le droit à la vie privée doit être respecté. Ou bien, ça peut avoir une conséquence sur la santé - apparemment ce n’est pas le cas mais on ne sait pas - et alors il est du devoir du président de le faire savoir et de prendre les conséquences qui s'imposent."

    Vous voulez dire que vous attendez un bulletin de santé de l'Elysée ?

    "Moi, je n'attends rien. Je trouve qu'il faut avoir des principes simples sur quelque chose comme la santé, qui appartient à la vie privée, à moins que ça ait des conséquences sur l'exercice des fonctions, auquel cas, on le fait savoir. J'ai le souvenir du général de Gaulle, qui avait lui-même rendu public son bulletin de santé, mais pas François Mitterrand."

    Sauf au moment où il s'est fait opérer en 1964, le général de Gaulle. Mais vous dites : pas de comparaison précipitée et inappropriée.

    "Je dis que le président de la République, comme toute personne, quelle que soit sa profession ou sa fonction, a droit au respect de sa vie privéetant que ça n'a pas de conséquence sur l'exercice du mandat."

    On va encore recommencer avec la santé d'un président de la République, dire qu'il y a une exigence de vérité et de transparence... On peut dire jusqu'où ? Il y a des limites, pas des limites...

    "Il y a une exigence de vérité dès l'instant où la fonction est touchée par ce qui se passe."

    Jean-Marc Ayrault disait tout à l'heure : "Il y a une espèce de dérive, je ne sais pas où on va."

    "Oh bah vous savez bien. Tout le monde y participe : les radios, les chaînes d'info... Et, évidemment, il y a un emballement autour de ces sujets puisqu'il suscite l'intérêt, ou plus que ça, une espèce de fixation. Je pense qu'il faut à tout prix écarter tout ce qui est malsain, tout ce qui est excitation autour de ce sujet avec un principe simple : est privé ce qui n'a pas de conséquence sur la fonction, est public ce qui en a. Mais je vous l'ai déjà dit trois fois, ce n'est peut-être pas la peine qu'on y revienne plus longuement."

    Depuis, il faut le dire, quand on observe les activités de François Hollande comme président de la République, on remarque plutôt sa résistance physique.

    "J'ai l'impression, oui, qu'il est en forme."

    Est-ce que ça veut dire que tous les dirigeants politiques et syndicaux doivent tout révéler de leurs bobos ?

    "Non, je vous l'ai dit avec précision. Dès l'instant que c'est privé, des petits ennuis ou déséquilibres de santé qu'il faut corriger, il n'y a pas besoin d'en faire une communication publique. Il faut savoir que ce sont des hommes et des femmes et qu'il faut respecter leur volonté de privé."

    Le président de la République est au plus bas dans les sondages. Pourtant, paradoxalement, il paraît, me semble-t-il, s'éloigner du pire. Depuis le match des Bleus, n'est-il pas en train, imperceptiblement, de changer lui-même ?

    "J'espère. Je pense d'abord que la fonction exige qu'on en prenne la mesure et que l'on change. J'ai regretté qu'il n'ait pas plus tôt manifesté la prise de conscience que beaucoup attendent au nom du pays. Parce que l'idée qu'il suffisait au fond de surfer sur les vagues et de ne rien faire de profond pour que les choses s'arrangent dans le pays est une idée fausse. Et donc, le jour où les autorités françaises, le président, le premier ministre, prendront conscience de la gravité de la situation, sera un jour utile au pays. Pour l'instant, à mes yeux, ce n'est pas arrivé. J'espère que ça se produira."

    Vous voyez, malgré les indications de ce matin, les attaques continuent, c'est la politique !

     

    "Mais il n'y a aucune attaque !"

    C'est une constatation.

     

    "Non, mais Jean-Pierre Elkabbach, arrêtez-vous une seconde. Il n'y a rien de politicien dans tout ça. Hier est sorti le classement international de l'éducation : la France plonge encore, nous nous retrouvons 25e nation !"

    Mais ce n'est pas nouveau, ça, ça remonte à la Saint-Glinglin.

    "Pas à la Saint-Glinglin, non."

    A la Saint-Glinglin, vous étiez ministre. Il y a 20 ans.

    "J'étais ministre il y a 20 ans, voilà. Il y a une dégradation de la situation. Et il y a 20 ans, la situation de l'Education nationale n'était pas ce qu'elle est aujourd'hui. Mais je ne cherche pas des responsabilités, je cherche une action. Une méthode, une volonté. Pour l'instant, si on prend l'étude parue hier, elle dit une chose très simple : sur les fondamentaux, soit l'écriture, la lecture et les calculs élémentaires, la France s'effondre."

    Oui, mais il faut sortir de là et essayer des solutions, aider Vincent Peillon à refonder l'école. Est-ce que vous y participerez ?

    "Non, il doit céder lui-même. Je considère qu'aujourd'hui, la direction n'est pas la bonne."

    Vous dites qu'il échoue ?

    "Non, mais qu'il va échouer parce que la direction prise n'est pas la bonne. Si on ne focalise pas, pour s'arrêter une seconde sur ce sujet essentiel pour le pays, toute l'attention et l'énergie du pays sur la transmission des fondamentaux pour permettre à un garçon ou à une fille d'être autonome et libre d'apprendre, on n'y arrivera pas. Pour l'instant, ce n'est pas fait, on égare l'attention avec les rythmes scolaires. Vous voyez bien que ce n'est pas du tout le même sujet."

    François Hollande réunit ce matin à l'Elysée le conseil de politique nucléaire, pour traiter exclusivement de la filière nucléaire française, qui exporte. Mais pas des fermetures de centrales. En France, on va fermer. A l'étranger, en Chine dès demain, on va vendre notre savoir-faire. Est-ce que c'est cohérent ?

    "C'est incohérent. Vous savez qu'il y a eu un incident hier avec Madame Lauvergeon qui a dit : "On ne peut évidemment pas respecter l'objectif fixé..."

    D'ici 2025, arrêter une vingtaine de réacteurs...

    "... publicitaire." "

    Est-ce qu'elle se trompe ?

    "Elle a absolument raison et a le courage de le dire. Il est bien de le noter, et elle a dit : "Il n'est pas vrai qu'on respectera l'objectif publicitaire qui a été fixé, de baisser de 50% la part du nucléaire dans l'électricité française." Ça n'est pas vrai. On ne peut pas le faire et on ne le fera pas. Elle a eu le courage de le dire."

    L'ONU va voter une résolution favorable à une intervention en Centrafrique avec des soldats africains etc. Est-ce que vous soutenez l'opération qui devrait commencer dimanche ou lundi ?

    "Oui, je soutiens l'intervention préparée par les autorités françaises. La Centrafrique est dans un état de ruines et de danger absolu pour des millions de personnes. Cette opération me paraît nécessaire si l'on veut sauver un pays, une société et des familles. Je soutiens cette opération, comme j'ai soutenu le Mali  et comme j'ai été en désaccord sur la Syrie."

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