EXTRAIT - Otages : "Ne pas payer de rançon ? Un risque à prendre"

SAISON 2013 - 2014
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    Marine Le Pen estime que payer des rançons pour obtenir la libération d'otages ne fait que financer le terrorisme et les convaincre de la fructuosité du crime.

    Il n’y a pas eu d’argent public dépensé pour récupérer les otages, dit Laurent Fabius, mais on comprend qu’il a fallu payer. C’est la bonne méthode ?

    « C’est très difficile de parler de ces choses de manière publique ! A chaque fois, d’après ce que l’on sait, la France a payé des rançons, à chaque fois elle a dit qu’elle n’avait pas payé, bien entendu ! »

    Il faut accepter cette idée de payer une rançon ?

    « Bah… Évidemment c’est problématique de payer une rançon ! D’autres pays ont fait le choix inverse, ne pas payer. Car plus vous payez de rançons, plus vos compatriotes sont « bankables » comme disent les anglo-saxons. Plus ils sont une cible de choix pour des groupes mafieux ou fondamentalistes qui se disent que c’est un bon moyen de trouver un financement assez facile.  C’est la raison pour laquelle nos compatriotes sont ceux qui sont le plus victimes d’enlèvements. »

    On n’en sait rien… Les américains ne communiquent pas…

    « En proportion du nombre d’habitants en France ou aux États-Unis… Je crois quand même… Les sources diplomatiques le disent… Dans l’esprit des fondamentalistes, les Français, c’est rentable ! C’est dramatique ! On paie les rançons aujourd’hui mais ne paie t-on pas en réalité du coup les enlèvements de demain ? »

    Si vous êtes au pouvoir, on ne paie plus ? Quitte à sacrifier la vie des otages ?

    « Oui, enfin, ce n’est pas exactement comme ça. Le fait de ne pas payer de rançon ne veut pas dire que les otages vont mourir ! »

    C’est un risque…

    « C’est évidemment un risque, bien entendu… »

    Qu’il faut prendre ?

    « Je pense que c’est un risque qu’il faut prendre, d’autant que nous avons des services de renseignements, une armée capable de récupérer, je le crois, nos otages sans avoir à verser des rançons qui sont encore une fois une incitation à réitérer ces enlèvements à l’infini de compatriotes Français. »

    Vous avez été touchée, en voyant les quatre otages arriver à l’aéroport ?

    « Ces images m’ont laissée dubitative, je vous le dis très sincèrement. J’ai trouvé ces images étonnantes, j’ai trouvé cette extrême réserve étonnante, j’ai trouvé leur habillement étonnant, j’ai ressenti un malaise en voyant ces images. Je pense que je n’ai pas été la seule. Ce retour… »

    Soyez plus claire, je ne comprends pas…

    « Si, vous comprenez très bien ce que je vous dis puisque c’est ce qu’ont ressenti beaucoup de Français… On avait l’impression d’avoir des images d’hommes qui étaient très réservés, c’est le moins que l’on puisse dire… Les deux qui portaient la barbe taillée d’une manière qui était tout de même assez étonnante… L’habillement était étrange… Cet otage avec le chèche sur le visage, tout ça…Ca mérite peut-être quelques explications de leur part, ça a laissé je crois une impression étrange aux Français… »

     

    Ils ont été islamisés, c’est ce que vous voulez dire ?

    « Non, écoutez… Je ne suis pas psychiatre… »

    Vous êtes dans l’allusion !

    « Non ! Je ne suis pas l’allusion, je vous exprime le sentiment que j’ai eu, dont je pense qu’il a été partagé par un certain nombre de Français ! Je n’irai pas jusqu’à faire des théories, je ne serais pas dans mon rôle. »