CSA : "Une avancée historique"

SAISON 2013 - 2014
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    Le CSA va être nommé pour la première fois par le Parlement qui réunit par essence majorité et opposition.

    Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication

    Ses principales déclarations :

    Sommes-nous revenus à la IVème République ?

    "Aujourd'hui, dans cette journée solennelle où je vais faire voter au Sénat une loi audiovisuelle, on a une grande avancée. Ce n'est pas encore la VIème République mais pour la première fois, l'indépendance de l'audiovisuel public va être garantie par un mode de nomination exceptionnel du CSA, majorité et opposition vont choisir les membres du CSA."

    Le titre du Parisien : "Où est le patron ?"

    "Je ne pense pas qu'un Président de la République soit un patron. C'est le chef de l'Etat, il a l'autorité politique démocratique pour définir les lignes pour la Nation pendant les cinq années qui viennent, et ce ne sont pas des agitations politiciennes qui remettent en cause son autorité."

     

    Doit-il commenter chaque semaine les bisbilles de ses ministres ou doit-il les contraindre une fois pour toutes à la discipline collective ?

    "Le Président de la République était à Florange la semaine dernière, il est allé comme chef de l'Etat parler aux ouvriers..."

    On se souvient surtout de ce qu'à dit Cécile Duflot sur Manuel Valls...

    "La responsabilité en incombe aussi à ceux qui donnent une importance disproportionnée à des petits propos de congrès politiques, plutôt qu'à ceux qui montrent ce qui se passe réellement sur le terrain. Il est toujours plus facile de parler des trains qui n'arrivent pas à l'heure que de ceux qui arrivent à l'heure. A Florange, il s'était passé un événement important, essentiel, après 24 mois de lutte des ouvriers. Quand le Président est allé à Florange, il leur a annoncé des choses qui les ont rassurés, qui ont tracé des pistes pour l'avenir."

    Etes-vous satisfaite de la rentrée du service public ?

    "Je suis satisfaite en tout cas d'avoir pu redonner une indépendance,  et même d'avoir donné un niveau d'indépendance jamais atteint à l'audiovisuel public. Indépendance parce que les présidents de l'audiovisuel vont être nommés par le CSA, et surtout parce que les membres du CSA vont être nommés pour la première fois par les parlementaires eux-mêmes, à une majorité des 3/5èmes. Ce qui veut dire qu'il faudra associer majorité et opposition, c'est révolutionnaire. C'est un signe de responsabilité et de confiance."

     

    Vous promettez l'indépendance. Quel gouvernement a promis la dépendance ?

     

    "L'indépendance, c'est comme l'amour ! Il faut des preuves ! Des preuves d'amour, des preuves d'indépendance !"

    Le Président a nommé Olivier Schrameck, ex directeur de cabinet de Lionel Jospin...

    "Le Président nommait jusqu'à présent 3 membres du CSA dont le Président. A partir de ce soir, il n'en nommera plus qu'un... La décision au CSA est toujours collégiale."

    Les présidents de l'Assemblée et du Sénat, tous deux PS, vont désigner chacun 3 membres, après avis conforme d'une majorité des 3/5 de la commission des affaires culturelles du Parlement, en majorité PS... Où est l'indépendance ?

    "Vous êtes un trop fin connaisseur des institutions pour savoir que la loi que je présente n'est pas encore votée et ne s'applique pas encore. Quand les sénateurs auront voté, les présidents de l'Assemblée et du Sénat devront avoir non pas un avis, mais devront demander le vote à une majorité des 3/5ème de la commission des affaires culturelles. Si majorité et opposition, gauche, droite, ne se mettent pas d'accord sur des personnalités, on recommence jusqu'à ce qu'ils arrivent à se mettre d'accord. C'est une grande avancée."

    Les présidents actuels de radio et télé publiques sont assurés d'achever leurs mandats ?

    "Oui, ils en sont assurés, nous l'avons voulu. A la fin de leurs mandats, s'ils veulent candidater pour un nouveau mandat, ils présenteront un projet devant le CSA."

    Les programmes correspondent à ce que la société française est en train de vivre, à ce qu'elle demande ?

    "Je n'ai pas à me prononcer sur tel ou tel programme, j'ai à me prononcer sur de grandes orientations, par exemple le soutien à la création. Le service public doit soutenir les productions audiovisuelles françaises et européennes. Là-dessus, on voit des progrès très nets."

    La télévision publique souffre. La médiocrité reconnue des programmes d'avant 20 heures de France 2 a des effets sur le journal et les finances. Si les difficultés continuent, l'Etat peut-il augmenter la redevance ?

    "Vous ne pouvez pas parler de médiocrité reconnue des programmes de France 2. Il peut y avoir des émissions qui ont plus ou moins de mal à trouver leur public. Il peut y avoir des ajustements, voire des modifications des programmes, mais je crois que les grandes missions du service public, et notamment en matière d'information, la qualité de l'information, mais aussi le soutien à la création bien sûr, l'exposition de l'international, des outremers, et ce sur quoi j'insiste beaucoup, une place plus grande qui doit être faite et qui sera faite à la fois au numérique mais aussi aux programmes pour la jeunesse, c'est ça les nouvelles orientations du contrat d'objectif de France Télévisions."

    "En tant que ministre de la Culture, je ne peux pas me prononcer sur telle ou telle émission ! Vous seriez le premier à me le reprocher en disant que je ne respecte pas l'indépendance, ce serait à juste titre."

    Rien ne choque la ministre dans ce qu'elle voit ?

    "Ma priorité était aussi, suite à la suppression de certaines émissions culturelles avant l'été, que la plage, l'espace consacré aux émissions culturelles, soit maintenu. Je constate qu'il l'est ! Après, sur la qualité de telle ou telle émission, c'est aux téléspectateurs de se prononcer."

    Un programme qui n'obtient pas suffisamment d'audience doit être maintenu ou supprimé de l'antenne ?

    "La question, c'est plus : est-ce que le programme trouve sa marque, son rythme et son public ? L'audience n'est pas le seul critère. Bien entendu, mais ça fait aussi partie des missions du service public de donner satisfaction aux Français..."

     

    Sophia Aram porte t-elle seule l'échec de son émission ?

    "Sophie [Et non pas Sophia, NDLR] Aram est une animatrice de grand talent, avec beaucoup d'humour, donc voilà, je n'ai pas, encore une fois... Malgré toute l'estime que je lui porte, je n'ai pas à me prononcer... Désolée, en tant que ministre de la Culture, je ne peux pas ! Je pourrais, en tant que téléspectatrice... Mais je trouve que le procès qui lui est fait prend des proportions qui sont disproportionnées. Encore une fois, je constate qu'on est plus dur avec des jeunes quand ils commencent..."

    Et des femmes...

    "Et des femmes. C'est bien que ce soit vous qui le disiez !"

    Le problème de la publicité après 20 heures se pose t-il ?

    "Non, cette question a été tranchée. La publicité ne reviendra pas après 20 heures, et il n'y aura pas non plus de suppression avant 20 heures. Ca va permettre à France Télévisions une visibilité sur le budget pour les années à venir. Il n'y aura pas non plus de hausse de redevance cette année, c'est une décision du gouvernement, il y aura simplement le suivi de l'inflation."

    Le CSA va t-il accepter le passage de LCI en gratuit ?

    "En tout cas, il aura le pouvoir de l'accepter, ce qu'il n'avait pas jusqu'à présent. Nous lui donnons la compétence pour juger de la pertinence ou pas du passage du payant au gratuit. C'est important : des chaînes ont fait certains choix à une époque avec un paysage donné, ces éléments ont évolué depuis. Aujourd'hui, il faut que le CSA puisse autoriser ou pas ces passages."

    On a connu une vingtaine de ministres de la Culture depuis 59. Quelle réforme voulez-vous laisser dont on se souviendrait ?

    "Ce n'est plus le moment de construire de nouvelles pyramides du Louvre. Il faut construire de petites pyramides du Louvre dans la tête de chaque enfant. Pour moi, la grande réforme, c'est l'éducation artistique et culturelle."

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