Chasse à l'homme : "C'est une course contre-la-montre selon Mancini

SAISON 2013 - 2014
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    Toutes les polices sont en train de traquer le tireur fou de Paris. "Tant que l'on n'a pas identifié ses motivations, cet homme est dangereux."

    Ses principales déclarations :

     

    Le tireur de BFMTV, Libération et la Société Générale peut-il recommencer aujourd'hui ?

    "Evidemment oui ! C'est quelqu'un dont on ignore totalement les motivations ! Elles peuvent être diverses : peut-être un déséquilibre, un terroriste, quelqu'un qui a une rancune contre telle ou telle institution, média, banque... Tant qu'on n'a pas identifié ses motivations, cet homme est dangereux."

    C'est une course de vitesse qui est engagée...

    "C'est plus qu'une course de vitesse ! C'est une course contre la montre ! La police, à partir des premiers éléments, s'est engagée dans une course contre la montre pour empêcher cet individu de recommencer..."

    Des médias puis une banque... Ça donne des indices, des objectifs ?

    "Ça donne quelques éléments mais dans une enquête de ce type, il faut se garder de toute hypothèse a priori. Chaque fois que l'on émet une hypothèse a priori, on s'empêche de bonne foi de pouvoir retenir tous les éléments qui peuvent aider à résoudre l'affaire."

    Quand tellement de gens enquêtent en même temps, on travaille dans le désordre ou il y a une synthèse, de la cohérence ?

    "Il y a une direction d'enquête de la police, sous l'autorité des magistrats. C'est un ensemble. Tous ces petits faits viennent s'ajouter dans un immense puzzle qui fait surgir une image et apporte tous les éléments nécessaires à la résolution de l'affaire."

    Le temps joue en faveur de qui ?

     

    "C'est un peu cynique mais il joue en faveur de la police : plus cet homme va commettre de faits, plus il va laisser derrière lui des traces, des indices. Il va accumuler contre lui des éléments qui permettront son identification, sa localisation et son arrestation. L'identification est l'élément essentiel. Je ne suis pas dans l'enquête, mais je pense que nous progressons."

    Martine Monteil à 7h15 était plutôt optimiste...

    "Elle est plus jeune que moi, elle a une meilleure connaissance récente. Je partage complètement son point de vue. C'est une grande professionnelle, je crois qu'il faut laisser les professionnels faire leur travail."

    En combien de temps peut-on le retrouver ?

    "Personne ne peut le dire ! Dans quelques minutes ou plusieurs jours ! Il peut disparaitre pendant des semaines, des mois, des années. L'important est de l'identifier. Il y a deux types de polices : celle que l'on met en mouvement actuellement dans tout Paris et la région parisienne, les voitures devant tous les médias, ce dispositif visible, et un autre un peu moins visible avec des instructions données aux forces de police d'être attentifs à tout geste, tout élément, tout comportement suspect."

    Si on le retrouve ?

    "Si on le retrouve et qu'il est localisé, il y a un service d'intervention RAID qui va s'approprier l'affaire et qui va mettre en place tous les éléments nécessaires."

    Y'a t-il une leçon de l'affaire Merah ? On essaie de le récupérer vivant ?

    "Merah, c'était ce qui était prévu ! Il n'a pas été récupéré vivant car après avoir blessé 5 policiers du RAID, il a fallu l'abattre ! Si on avait voulu le tuer, une seule balle suffisait... Il y a une philosophie au RAID : il faut d'abord et toujours négocier, utiliser les mots comme des armes. Après, dans des éléments ultimes, ça ne suffit plus... S'il met en danger ceux qui viennent l'interpeller ou l'environnement autour de lui..."

     

    Seul et décidé, son comportement parait bizarre...

    "Seul ? On n'en sait rien ! Pas d'hypothèses !"

    On a dit qu'il est resté 20 minutes avant d'entrer à BFM. On a dit que c'était la preuve de sa détermination...

    "Ou l'inverse ! Ça peut être la preuve de son hésitation, de sa peur. Peut-être essayait-il de se motiver ! Les faits ne sont jamais univoques."

    Y'a t-il de la cohérence dans ses actes ? Libération, la prise d'otage en voiture, il parle, ne tire pas...

    "On parle d'incohérence car nous n'avons pas les éléments essentiels de sa motivation. On ne connaitra la cohérence de ces actes, ou l'incohérence, que lorsqu'on saura pourquoi il s'est livré à ces actes."

    Après l'agression vendredi à BFM, pourquoi les policiers n'ont-ils pas tout de suite poursuivi et cherché à l'identifier ? Défaillance, inadvertance ?

    "Ce n'est certainement pas une défaillance. Je pense qu'en ce qui concerne BFM, les faits étaient moins graves. Dès ce moment-là, on a cherché à le retrouver je crois, mais pour des faits moins graves. C'était une menace avec peut-être une arme factice..."

    Les photos de l'individu ont été diffusées : ça peut être efficace ? Quel effet cela peut avoir sur lui ?

     

    "Je crois que c'est extrêmement efficace. On a les moyens maintenant, notamment des caméras partout qui permettent d'avoir des images, de les diffuser. Elles vont permettre dans un premier temps de l'identifier, j'en suis persuadé. Ensuite de l'arrêter. Lui, savoir qu'il est recherché par tout le monde, peut au moins provisoirement le calmer..."

    Ou le rendre plus actif...

    "Plus actif que tirer sur un journaliste, qu'est-ce qu'il peut y avoir ?"

    Tirer sur quelqu'un qui n'est pas journaliste...

    "C'est quand même tirer !"

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