Peyrelevade : "oui", l'arbitrage doit être annulé

SAISON 2012 - 2013
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Pour Jean Peyrelevade, Claude Guéant doit être entendu dans l'affaire de l'arbitrage.

Ce matin à 7h45, Bruce Toussaint recevait Jean Peyrelevade, PDG de Léonardo & Co., ancien PDG du Crédit Lyonnais de 1993 à 2001. Ses principales déclarations :

 

Stéphane Richard mis en examen, ça change tout ?

"Non. Vous me permettrez de dire que je ne me réjouis pas des malheurs judiciaires de Stéphane Richard. J'ai connu le même genre de problème dans ma vie professionnelle, j'ai toute raison d'être attaché à la présomption d'innocence. Mais cette affaire dépasse le cadre des personnes, il n'est pas le premier à être mis en examen pour escroquerie en bande organisée, il y a eu M. Estoup. Au delà des personnes, je pense que les juges ont probablement la conviction que cet arbitrage a été une manipulation, je pense la même chose. L'étau se resserre, l'affaire va continuer à se développer dans cette direction."

Stéphane Richard : responsable, fusible ?

"J'ai toujours eu la conviction que l'instruction venait de plus haut. Il a été reconnu explicitement par plusieurs participants à cette affaire qu'il y a eu des réunions à ce sujet dans le bureau de Claude Guéant".

A propos de Christine Lagarde :

"Elle a assumé avec courage la responsabilité de la décision d'arbitrage."

Il y a deux poids deux mesures ?

"Je ne crois pas. Les juges, sur leur technique habituelle, s'intéressent aux gens au plus près de la décision et vont progressivement élargir le cercle."

Il ne faut pas remettre en cause son statut de témoin assisté ?

"Je n'entre pas dans ce genre de considération : je ne suis pas juge, je ne suis pas dans la procédure, je pense qu'elle va être réentendue, certainement."

Claude Guéant doit-il être entendu ?

"Je pense qu'il le sera. Je n'ai pas d'information... Je ne suis que citoyen connaissant bien l'affaire : je pense que nécessairement, la décision a été signée par trois arbitres, l'un a été mis en examen, on va demander le témoignage des deux autres."

A propos de Claude Guéant :

"Je pense qu'il a transmis une instruction, j'en suis assez convaincu ! Quand on monte dans le bureau du Secrétaire général de l'Elysée pour discuter d'un problème, c'est au minimum pour faire bénir une position !"

D'autres personnalités vont-elles être entendues, selon vous ?

"Je ne sais pas. Une fois de plus, mon souhait, mon désir, ça dépasse les personnes..."

 

Vous avez parlé d'un des plus gros scandales de la République...

"Revenons à la racine : le dernier moyen de défense des avocats de M. Tapie, ce sera de dire que tout n'a pas été régulier mais que le Crédit Lyonnais a bien spoilé M. Tapie. Le cœur de la question est là. Ma conviction, je suis prêt à la soutenir, c'est que le montage de fin 1992 n'a pas été fait pour spoiler M. Tapie mais pour le sauver ! Fin 1992, Adidas est au bord du dépôt de bilan ! Les banques allemandes qui financent Adidas disent : si on ne change le management, si on ne sort pas Adidas de la sphère de M. Tapie, si on n'augmente pas Adidas de 500 millions de francs, nous déposons le bilan. On est venus sauver Adidas et M. Tapie."

Nicolas Sarkozy doit-il être entendu ?

"(Silence.) Très difficile de répondre à cette question. C'est un ancien Président de la République. L'affaire est grave, l'est-elle jusqu'à mettre en cause un ancien Président ? J'ai une certaine réticence en tant que citoyen, je ne sais pas pourquoi."

L'arbitrage doit-il être annulé ?

"Oui, certainement ! Je n'ai aucun doute !"

Stéphane Richard doit-il quitter Orange ?

"A nouveau : présomption d'innocence. C'est sa responsabilité personnelle, c'est à lui de décider. C'est à lui en conscience de peser la possibilité de rester."

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