Chast : "Une malveillance peut être à l'origine de ce drame"

SAISON 2012 - 2013
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François Chast revient sur l'échange de médicaments qui aurait coûté la vie à un homme de 91 ans.

Lundi à 7h45, Maxime Switek recevait François Chast, chef du service de pharmacie clinique à l’hôpital Cochin - Hôtel Dieu. Il s'exprimait à propos des médicaments mal conditionnés et de l'autorisation des médicaments à base de cannabis. Ses principales déclarations :

A propos des médicaments mal conditionnés et de l'enquête après la mort suspecte d'une personne âgée. Après l’affaire du Médiator… A t-on un souci avec notre industrie pharmaceutique ?

"Il ne faut pas faire d'amalgame entre tous les incidents, les accidents. En l'occurrence, une instruction est en cours à Marseille pour évaluer les raisons du décès. Il est vraisemblable que ce patient a pris un médicament qui l'a fait dormir alors qu'il pensait prendre quelque chose contre son insuffisance cardiaque. Il est vraisemblable que la précarité de son état de santé a malheureusement été fatale à ce patient."

"Quelle est l'origine de cet accident ? Il est plausible, à ce stade de ce que l'on sait de ce dossier, qu'une malveillance soit à l'origine de ce drame. Je ne suis pas juge d'instruction mais on sait que le médicament qui fait dormir et l'antihypertenseur n'ont pas été préparés sur les chaînes de production de Téva d'une manière chronologiquement compatible avec une interversion de lot. Il y a eu quelques semaines et, entre temps, la firme a fait circuler sa production. Il y a donc un certain nombre de raisons pour lesquelles le Procureur de la République pose des questions sur ce qui a pu se passer au sein de l'usine."

A propos des médicaments à base de cannabis :

 "Je pense qu'ils [Marisol Touraine et Jean-Marc Ayrault] ont signé un décret qui autorise l'agence nationale de sécurité du médicament à évaluer des médicaments à base de cannabis. Pour le moment, aucun médicament n'est mis sur le marché."

 C'est le premier feu vert ?

"C'est un feu vert qui était obligatoire pour que les études fassent l'objet d'une évaluation permettant la mise sur le marché. Pour le moment nous n'y sommes pas. Je pense qu'ils ont eu raison : c'est une démarche scientifiquement fondée, des médicaments à base de cannabis sont commercialisés dans une vingtaine de pays dans le monde, nos principaux voisins en Europe commercialisent le Sativex utilisé d'une manière très encadrée, très précise, dans certaines douleurs chez les patients atteints de sclérose en plaque. Il est légitime que l'agence de sécurité du médicament s'empare du dossier, évalue le bénéfice que pourraient en tirer des patients français, nous verrons dans les semaines, les mois qui viennent, comment évolue cette évaluation..."

Ces médicaments apportent-ils quelque chose ?

"On a de plus en plus d'études qui pourraient justifier la mise sur le marché de ce médicament. Il existe des médicaments opiacés largement utilisés en France, sous forme de comprimés, de gélules, dans le traitement des douleurs sévères, ou injectables en postopératoire, etc. Personne ne légitime les fumeries d'opium ! Il ne faut pas faire d'amalgame entre le cannabis récréatif que je réprouve, qui est une substance très dangereuse chez l'adolescent et le jeune adulte, et des médicaments issus du cannabis qui pourraient être utiles. De la même façon que l'on n'a pas d'autorisation à fumer l'opium en France, il n'y aura pas d'autorisation, c'est mon souhait, à fumer le cannabis."

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