Orange : Stéphane Richard doit raccrocher ?

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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La mise en examen en France vaut à coup sûr un licenciement en politique depuis l'affaire Balladur.

Stéphane Richard mis en examen dans l’affaire Tapie, il était directeur de cabinet de Christine Lagarde au moment de l’arbitrage, la question de son maintien à la tête d’Orange est posée. En politique la mise en examen c’est la démission assurée.

Oui, c’est devenu la règle. La mise en examen vaut condamnation. Désormais la présomption d’innocence s’efface devant la pression politique et médiatique. La classe politique tellement abimée par les affaires est empressée de démontrer que la branche malade est coupée. En 93 l’inculpation a été remplacée par la mise en examen car le mot induisait l’idée d’une faute d’une culpabilité…le mot à changé mais la pratique reste la même.. depuis la jurisprudence Balladur qui veut qu’un ministre en examen démissionne. Alain Carignon, Gérard Longuet, Michel Roussin prennent le chemin de la sortie Plus tard Dominique Strauss Kahn dans l’affaire de la MNEF. Radical mais parfois excessif. Car pour DSK ou Gérard Longuet l’histoire s’est terminée avec un non lieu. Entre la gestion d’un feuilleton judicaire qui gène l’action publique et la présomption d’innocence les politiques ont choisi depuis longtemps.

Mais là c’est différent, c’est un patron, un chef d’entreprise du CAC 40…

Vous avez raison. Louis Schweitzer d’ailleurs mis en examen dans l’affaire du sang contaminé en 95 a continué à exercer ses fonctions de PDG de Renault. L’Etat actionnaire marche sur des œufs avec Orange…ce n’est pas un ministre qu’on congédie c’est un patron d’entreprise dans laquelle l’Etat détient 27 % et 3 administrateurs.  Suffisamment pour être écouté mais pas assez pour décider. Arnaud Montebourg a confié au journal le Monde il y a quelque jours qu’il serait difficile pour Stéphane Richard de rester si il était mis en examen…panique à bord, hier soir Bercy communiquait  avec prudence : seul compte « l’intérêt de l’entreprise » et la décision revient au conseil d’administration…

Mais là, on est dans une affaire d’Etat. Est-ce que ce sera une décision politique ?

Il y a naturellement une pression politique car dans cette affaire   c’est l’ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde qui est poursuivi, et ce n’est que le début du feuilleton politico judiciaire.  Mais en réalité la tension la plus forte est économique. Stéphane  Richard a réussi chez Orange, il a pacifié l’entreprise de 100.000 salariés , est ce que sa mise en examen pour « escroquerie en bande organisée » vaudra condamnation…des marchés ?  Au milieu du fracas on entendra peut être une voix, évoquer timidement la présomption d’innocence … Sans garantie qu’elle sera entendue.