La cible Fillon

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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Francois Fillon poursuit son offensive et se prépare à subir les attaques en règle de la gauche.

Francois Fillon omniprésent… Une télé, une interview au Monde et un meeting hier soir en attendant europe1 demain…il ne sera pas candidat à Paris réserve sa décision pour l’élection de l’UMP en septembre et se prépare pour la primaire avant la présidentielle… Est ce que c’est un retour réussi ?

Ce n’est pas un retour réussi parce que ce n’est pas un retour. C’est une habileté de communication pour habiller sa sortie de scène à Paris. Que nous dit réellement François Fillon : la présidence de l’UMP,  peut être, la primaire : je vais tout faire pour. Le seul moment ou sa réponse est claire et ferme c’est sur sa candidature à Paris. C’est NON.

Francois Fillon tente pourtant de s’extraire de son histoire parisienne sur la pointe des pieds…comme cela n’avait jamais été une option.  

Personne n’a oublié le mauvais feuilleton avec Rachida Dati quand il a quitté sa terre d’élection de la Sarthe pour poser son ambition dans la capitale…aujourd’hui il nous explique qu’il veut faire de la « politique autrement », qu’il refusera tout autre mandat pour se consacrer à 2017. Les Français plutôt que les Parisiens. La réalité est moins haut de gamme : le pari de la capital est risqué et une défaite compromettrait son combat pour la présidentielle. La politique autrement ou juste la politique

 

Et ce que malgré tout il n’a pas posé un petit caillou pour 2017 ?

Oui, il a posé un petit caillou à 4 ans d’une élection… ce n’est pas une annonce c’est une option. François Fillon se donne deux ans pour aller à la rencontre des français et préparer un projet. A Jean-François Copé l’opposition quotidienne et la bataille des municipales en première ligne. Lui se donne de l’air pour l’essentiel . François Fillon  s’accorde du temps pour se refaire une image d’homme d’Etat, trouver une ligne claire et tenter de faire oublier Nicolas Sarkozy. Quand à la bataille de septembre pour l’UMP, il n’ira que s’il a réellement des chances de l’emporter sans s’abimer. Pas de combat plutôt qu’un combat perdu : pas sur que ce soit le meilleur moyen de s’imposer comme leader  de la droite. Ainsi va François Fillon la prudence comme stratégie politique.

Il y a un domaine dans lequel il n’est pas prudent, c’est vis-à-vis de Nicolas Sarkozy ?  

C’est le seul obstacle à cette stratégie dit de «la croisière vers la présidentielle ». Hier il a commencé à déboulonner la statue du commandeur : pas de hiérarchie pas de sauveur suprême… nous sommes tous au même niveau dit François Fillon. Entendez lui et moi.

Bien plus qu’un droit d’inventaire sur la pointe des pieds d’un bilan dont il est comptable… c’était hier son acte politique fort. François Fillon a défié son adversaire invisible au risque de le faire sortir prématurément de l’ombre : il signe la fin d’une collaboration avec Nicolas Sarkozy et réclame désormais un combat à la loyal… d’égal à égal.