Municipales 2014 : les villes qui balancent

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Caroline Roux est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Vote sanction pour François Hollande ou plébiscite des élus locaux ? La carte des villes qui pourraient basculer à gauche ou à droite.

L’Info politique ce matin avec Ludovic Fau. Avec l'année 2014 qui commence. Une année très électorale avec les municipales et les européennes qui auront lieu au printemps. Année de tous les dangers pour François Hollande avec le risque d’un vote sanction. D'ailleurs, ce que vous nous dites ce matin, c'est qu'à droite comme à gauche, les états-majors commencent déjà à pointer les villes qui pourraient basculer d'un côté ou de l'autre lors des municipales.

Il faut dire que l’enjeu est important ! Ces élections seront le premier test national depuis 2012. François Hollande les a d’ailleurs évoqué, hein – ces élections – lors de ses vœux aux Français hier soir. Et je peux vous dire que les partis, le PS, l’UMP et leurs candidats ont commencé à casser leur tirelire pour commander des sondages confidentiels sur de nombreuses villes.

Alors, comme toujours, c’est un sujet sur lequel tout le monde reste assez discret, mais j’en ai eu plusieurs au téléphone. Et en recoupant leurs confidences et les analyse d’experts électoraux, eh bien on peut commencer à faire la carte des villes qui pourraient basculer à droite où à gauche.

Concrètement, donc, la droite notamment espérer prendre Rouen, Reims, Amiens, Angers ou encore Evreux. Tandis que la gauche vise par exemple Avignon, Melun et rêve bien sûr de conquérir Marseille.

Plus globalement, on parle beaucoup de vote sanction depuis quelques mois… Alors le PS risque-t-il vraiment de prendre une claque à cause de l’impopularité de la politique de François Hollande ?

Si on se base sur les élections législatives partielles qui ont eu lieu depuis un an, ça pourrait faire très mal. Puisque le PS les a toutes perdues.  

Sauf que de l’avis général, le résultat des municipales sera beaucoup plus équilibré. « L’UMP va bien sûr reprendre des villes. Mais le PS ne devrait pas trop mal résister ». C’est ce que m’a expliqué un spécialiste de la carte électorale.

Quant aux sondeurs, pour l’instant, ils ne tablent pas sur vague bleue mais plutôt sur un mouvement de balancier inverse à celui de 2008, c’est-à-dire, cette fois, favorable à la droite. 

Un mouvement de balancier, mais a priori, pas de bérézina pour le PS, ça s’explique comment ?

Ça s’explique parce que lors des municipales, une majorité des électeurs se déterminent sur des critères locaux. Ce qui devrait amortir l’impact d’un éventuel vote sanction.

Et puis, si vote sanction il y a, eh bien il pourrait surtout gonfler le score du Front national et lui permettre de se maintenir au second tour dans un nombre de villes plus important que jamais. Et ce que m’a expliqué – de façon très pragmatique un sondeur –  eh bien c’est que ça rendra globalement service au PS au détriment de l’UMP.

A trois mois des municipales, François Hollande et le PS ont donc des raisons d’être rassurés…

Non, pas vraiment ! En tout cas ce serait une erreur et peut-être même un piège. Une erreur parce que tant que les élections n’ont pas eu lieu, rien n’est fait. Et puis un piège parce que, même si le PS limite la casse aux municipales, ça pourrait être un résultat en trompe l’œil qui ne rend pas vraiment de la déception, voire de la colère de nombreux électeurs. Et cette déception, cette colère, elles risquent de s’exprimer deux mois plus tard, au moment des élections européennes qui pourrait servir de défouloir avec à la clef, un score très important pour le Front national.