Mauvaise journée pour l'exécutif

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Caroline Roux est une chronique de l'émission Europe matin
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Aujourd'hui, l'exécutif doit faire face au boycott de certains syndicats lors de la Conférence sociale et à la fronde de députés lors du vote du budget à l'Assemblée.

Jean-Philippe Balasse : Mauvaise journée pour l’exécutif, les syndicats en rupture à la conférence sociale vont bouder le discours de Manuel Valls et à l’Assemblée nationale, deuxième lame avec un vote surveillé sur le budget de la sécurité sociale. L'info politique, c’est que la gauche du Parti socilaiste aussi va se faire entendre aujourd’hui. Sale journée pour l’exécutif .

Les syndicats actent un désaccord, les socialistes frondeurs ne vont pas se priver non plus. Aujourd’hui, ils seront entre 35 et 40 à ne pas voter le budget, à choisir l’abstention. Ce ne sera pas suffisant pour bloquer le texte mais le Premier ministre (selon les calculs du soir) ne devrait pas avoir la majorité absolue sur ce texte. On parle du budget de la Sécurité sociale, ce n’est pas un texte obscur d’application d’une directive européenne. Un des leaders des frondeurs m’expliquait fièrement  hier soir : "Les syndicats sont sur la même ligne que nous, ils réclament des investissements pour les collectivités et des gestes pour le pour le pouvoir d’achat". Le coup d’éclat des uns sert la colère des autres...

Jean-Philippe Balasse : Manuel Valls brusque un peu tout le monde mais il avance, il veut aller plus vite c’est aussi la rançon de la réforme

Ce discours tient s'il sort des résultats rapidement. En réalité, c’est la stratégie du Premier ministre qui coince. Ecoutez cette charge d’un cadre de la rue de Solférino "Manuel Valls veut taper les syndicats pour faire comme Sarkozy...mais lui cognait ses  adversaires pas ses propres troupes". Vous remarquez que celui qui prend c’est le Premier ministre, car l’Elysée fait savoir aux uns et aux autres que c’est Matignon qui est allé un peu vite sur la méthode et les annonces sur la pénibilité notamment. En clair que le Premier ministre s’y est mal pris.

Manuel Valls lui tient à montrer qu’il est passé à autre chose. Il envoie Bernard Cazeneuve en réunion de groupe ce matin devant les députés. Le ministre de l’Intérieur vient leur parler de tout autre chose : la réforme territoriale. Une petite humiliation de plus.

Jean-Philippe Balasse : c’est Hollande qui joue le rôle du "good cop", du gentil dans cette histoire, il s’en sort bien ?

C’est une vue de l’esprit. Car c’est avant tout sa méthode le dialogue social, la concertation qui est torpillée. Manuel Valls peut être mis en cause sur la méthode mais il  n’est pas seul dans son pas de 2 avec le Medef. C’est François Hollande qui l’a initié avec Pierre Gattaz sur le pacte de responsabilité. La colère des socialistes, des syndicats, de la gauche s’adresse avant tout à lui.