Le remaniement, ce n'est pas pour maintenant

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Caroline Roux est une chronique de l'émission Europe matin
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L'exécutif n'envisage pas de remaniement avant les élections européennes de juin 2014.

L'air de rien, en une petite phrase, dite en "off" comme on dit aux journalistes, Jean Marc Ayrault a tué l'idée d'un remaniement imminent. Bonjour Caroline Roux. C'était lors du déplacement en Russie du Premier Ministre. "Un remaniement ? Ce n'est pas d'actualité". Quand cela arrivera vous serez les 1er surpris..." a déclaré Jean-Marc Ayrault.    

Ce n’est pas juste le Premier ministre qui prend ses désirs pour des réalités. Le sujet a été abordé, il a été tranché et...écarté. Le message sans ambiguïté est relayé au plus près du chef de l’Etat, auprès de sa garde rapprochée.

Pas question de remanier car, comme dit l’un d’eux  « c’est un fusil à un coup cela donne 15 jours de tranquillité dans les médias,  mais après qu’est ce qu’on fait ? »

La ligne est claire désormais ne pas bouger avant les européennes.

La réalité c’est qu’un changement d’équipe avant les municipales est impossible car selon sa formule d’un ami du chef de l’Etat « on ne serait pas libre pour le choix des hommes »... les barons socialistes doivent avant tout tenir leur bastion.

Enfin remanier, dans l’esprit des hollandais, c’est changer de Premier ministre, changer de cap politique et pour le moment comme le dit l’un d’eux « il n’y a pas de bonnes solutions, le seul plébiscité par les Français Manuel Valls apparaitrait comme un choix contraint…

Donc il ne se passe, il ne se passera rien... Et pourtant on l'a vu hier dans le JDD, 9 français sur 10 réclament un changement. Cela ne suffit pas à faire bouger François Hollande. Qui garde encore et toujours SON cap.

Il fait ce qu’il sait faire de mieux, le gros dos. Le chantier qu’il veut ouvrir en priorité comme me le dit un membre du gouvernement c’est de s’occuper de la majorité. Mettre de la cohérence entre Matignon et l’Elysée, pacifier les relations à Bercy entre Bernard Cazeneuve et Pierre Moscovici, faire en sorte que le Ps fasse son travail de service après vente, museler la 10 aine de parlementaires qui font entendre une musique dissonante à l’assemblée. Tenter une énième fois de mettre de l’ordre en cuisine pour sauver la boutique

On a pourtant l’impression qu’il va être difficile pour le chef de l’Etat de tenir avec une telle impopularité...et une grogne qui s’exprime avec violence comme ce week end en Bretagne.

 « Tenir durer endurer » voilà ce que me disait un conseiller du président…l’Elysée a choisi de minimiser la colère, de s’appuyer sur la solidité des institutions…le président  fait donc le choix du funambule...pas de mouvement brusque avant le printemps en espérant éviter les bourrasques jusque là.