Européennes, chacun parle à son socle

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Caroline Roux est une chronique de l'émission Europe matin
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François Hollande et Manuel Valls ont passé la consigne au gouvernement de bien se montrer en vue des européennes.

Les européennes c'est dans une grosse quinzaine de  jour et la campagne a du mal à démarrer.

Dans tous les camps on essaye de mobiliser les troupe notamment à gauche, la consigne est claire : c'est "tous sur le terrain, tous en campagne"

C’est une stratégie à l’inverse des municipales. Souvenez-vous, personne ne voulait des ministres sur le terrain, c’était un peu tous aux abris et la consigne était claire il faut en faire un scrutin "local".

Cette fois ci pour les européennes le président et le Premier ministre ont demandé aux membres du gouvernement de faire des meeting départementaux sur leur terres. Un ministre qui se prête volontiers à l’exercice me racontait hier avant de partir pour une réunion publique "la défaite on va l’avoir de toutes façon mais il faut tout faire pour limiter la casse". Le premier ministre s’engage lui aussi il fera même un meeting à Barcelone (sa terre natale)  le 22 mai avec les socialistes espagnols avant d’aller soutenir Vincent Peillon à Lyon le 23. Sur le fond, la ligne est calée: il faut tricoter un message sur mesure pour les socialistes, il faut leur donner envie de sortir de chez eux. Ça veut dire expliquer qu’en votant à gauche on peut favoriser l’arrivée d’un président social-démocrate à la commission européenne, (Martin Shultz  social-démocrate allemand ) ce qui permettrait de sortir de la contrainte des 3%. Un argument un peu haut de gamme mais qui parle à toute la gauche qui espère encore réorienter la politique européenne.

Ce n'est pas ce qu'on l'appelle "une campagne populaire". On ne peut pas dire que ça parle au plus grand nombre...

Dans cette campagne chacun parle à son socle. Un cador de l’UMP me disait hier, "il faut qu’on s’adresse aux retraités, et à nos militants. Ce sont eux qui vont voter"... sous entendu ça ne sert à rien de perdre de l’énergie avec une campagne grand public. C’est une ambition à minima mais chaque famille politique a intégré l’abstention et en 15 jours de campagne, les état majors vont aller à l’essentiel.

 

En fait ils ont tous  renoncé à intéresser l’ensemble des Français à l’Europe et à ces élections ?

Le premier d’entre eux a renoncé...

Vous avez entendu le président lancer un appel à la mobilisation de tous mardi matin sur BFM ? (non)

Vous l’avez entendu parler de l’Europe avec vigueur, enthousiasme et conviction ? (non plus)

Nous dire pourquoi il faut voter ?  (re non)

Quelle Europe il veut porter ? (non non non....)

pendant une heure d’émission Il n’a pas dit un mot de ce scrutin...

 

Bon et bien au moins c'est clair : l'objectif pour tous ( à part peut etre pour le FN qui reve de virer en tete), c'est de limiter la casse )... En y mettant un enthousiasme pareil, il ne faudra pas que les partis pleurnichent sur l'abstention le 25 mai au soir... l'info pol de CR, 7h25, à demain !