Macé-Scaron : "une chasse à courre"

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Macé-Scaron : "une chasse à courre"
@ EUROPE 1
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Accusé de plagiat, l’auteur de Ticket d’entrée réaffirme sa bonne foi et qu’il ne lâchera pas la plume.

Joseph Macé-Scaron est revenu mercredi sur Europe 1 sur la polémique qui entoure actuellement son troisième ouvrage, Ticket d’entrée, dans lequel se trouvent plusieurs passages très proches d’extraits d’autres ouvrages, comme ceux de Bill Bryson et Jay McInerney. "Ce n’est pas un exercice de copié-collé", a assuré l’écrivain et journaliste. "La manière assez simple : j’ai un cahier noir dans lequel je note à la fois des éléments de vie et des éléments de lecture qui constituent des clins d’oeil, des appuis, des exercices d’admiration. Il s’agit donc d’emprunts, d’intertexte. C’est un exercice littéraire courant."

"C'est un jeu libre de l'auteur", se défend l'écrivain :

Le directeur du Magazine littéraire a toutefois à nouveau reconnu qu’il avait fait une erreur. "Je prends la mesure aujourd’hui que ce que j’ai toujours considéré, à savoir la possibilité à avoir recours à l’emprunt, au clin d’œil, n’a plus cours". Joseph Macé-Scaron dégage trois raisons. "D’abord, la surabondance de livres fait qu’il y a un certain nombre de personnes qui ne reconnaissent pas la référence textuelle. On considère donc que la littérature doit être pure, vierge, doit être créée ex nihilo. La deuxième raison, c’est que le livre est devenu un objet commercial, et un enjeu commercial. Et ça nous conduit progressivement à la notion de propriété. La dernière raison, c’est que la conception universitaire, où l’emprunt est évidemment proscrit, a envahi le champ littéraire."

Joseph Macé-Scaron voit aussi dans la polémique des critiques de deux sortes. "Il y a ceux qui me reprochent ma situation, ce que j’ai fait. Et d’autres qui me reprochent ce que je suis : quelqu’un qui porte un polo, je l’ai lu, qui est tatoué, qui est musclé, je l’ai lu aussi. Quelqu’un qui est gay", dénonce-t-il. "On n’est pas dans un débat, on est dans un chasse à courre". Pour autant, l’homme ne semble pas touché au point d’abandonner l’écriture. "Pour moi, écrire c’est ma vie. Je ne considère pas faire autre chose que ça. Je ne sais faire que ça. Il y aura un nouveau roman ou un nouvel essai".