Festival d'Angoulême : Sattouf couronné, Yékini révélé

  • A
  • A
Festival d'Angoulême : Sattouf couronné, Yékini révélé
@ Flblb Eds
Partagez sur :

CONSÉCRATION - Europe 1, partenaire du festival d'Angoulême, a récompensé la bande dessinée Yékini, le roi des arènes.

Le festival de bande dessinée d'Angoulême a pris fin dimanche soir avec l'annonce de son palmarès. Le prix du meilleur album est revenu à Riad Sattouf. Le dessinateur et réalisateur a reçu le Fauve d'or pour son album L'Arabe du futur, un album plein d'humour sur son enfance passées entre Paris, la Lybie de Kadhafi et la Syrie de Bachar El-Assad. Autre récompense ? Le Fauve "révélation Europe 1", puisque la radio est partenaire du festival. Ce prix a été attribué à la bande dessinée Yékini, le roi des arènes.

"Monstre de virilité." Yékini, le roi des arènes, première bande dessinée réalisée par Clément Xavier et Lisa Lugrin, raconte l'histoire d'un lutteur sénégalais. Au Sénégal, Yékini est aussi populaire que Zidane en France. Là-bas, la lutte est un sport national. C'est lors d'un voyage au Sénégal que les auteurs, en couple dans la vie, ont découvert ce personnage incroyable : Yékini, 1,92 mètre,  130 kilos de muscles et le plus beau palmarès de l'histoire de la lutte. "C'est vraiment un monstre de virilité, il est absolument gigantesque", explique  Clément Xavier, "quand on le voit en slip dans l'arène, c'est super impressionnant".  Mais ce monstre de muscles est "d'une grande gentillesse et d'une grande douceur", confie encore l'auteur qui décrit aussi un homme "très drôle". Clément Xavier et Lisa Lugrin ont pu passer beaucoup de temps avec lui. Il leur a même proposé de faire avec lui un combat de lutte, mais les deux auteurs "n'ont pas osé" devant "cet ogre". Au-delà du folklore, le livre repose sur un vrai travail d'enquête. On apprend énormément sur le pays et son système politico-financier.

Parler, à travers la lutte, de la société sénégalaise. "Ce qui était chouette, c'est qu'en tirant le fil de la lutte, on s'est rendu compte qu'on arrivait à parler de presque tous les aspects de la société sénégalaise. Comme les lutteurs y sont extrêmement populaires, même les hommes politiques essayent de récupérer leur image. Les lutteurs sont aussi engagés. Ils vont par exemple manifester en faveur de la paix en Casamance" (une région située au sud-ouest du pays et partiellement isolée du reste du pays par le territoire gambien, ndlr). Mais il y a aussi "tout le côté traditionnel de la lutte qui se pratique dans les campagnes" avec son lot "de grigris, de potions magiques, etc", précise Lisa Lugrin. 

Retrouvez l'essentiel du reste du palmarès :

- Fauve d'or du meilleur album du 42e Festival d'Angoulême : Riad Sattouf pour "L'Arabe du futur: une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984)" (éd. Allary)

- Prix spécial du jury: Building Stories de Chris Ware (Delcourt)

- Prix de la série: Lastman, tome 6, de Balak, Mickaël Sanlaville et Bastien Vivès (Casterman)

- Prix révélation: Yekini, le roi des arènes de Lisa Lugrin et Clément Xavier (Editions Flblb)

- Prix du patrimoine: San Mao, le petit vagabond de Zhang Leping (Fei)

- Prix du public: "Les Vieux fourneaux, Tome 1 - Ceux qui restent" de Wilfrid Lupano et Paul Cauuet (Dargaud)

- Fauve Polar SNCF: Petites coupures à Shioguni de Florent Chavouet (Philippe Picquier)

- Prix jeunesse: Les Royaumes du Nord, Tome 1 de Clément Oubrerie et Stéphane Melchior (Gallimard)

- Prix de la bande dessinée alternative: Dérive urbaine (Une autre image)

- Prix jeunes talents: Camille Debray pour Maman, Cloé Francisci pour Ballet, Anna Griot pour Boat People- Prix révélation blog: Mademoiselle Karensac pour son blog http://blickaboo.blogspot.fr/

- Prix Challenge Digital: Oscar Langevin pour Moontagne leb/ial/er